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mardi, 26 septembre 2006

Le pont du silence

La perspective – la découverte – que l’on peut admirer sur la bannière présentée en ce moment est celle de la passerelle des Arts, autrefois pont des Arts, plongeant vers l’Institut. Sur ce pont, ont été remis à des émissaires des exemplaires du Silence de la mer, l’inoubliable drame silencieux imaginé par Vercors. Ces livres étaient destinés au Général de Gaulle qui se trouvait à Londres. Le Silence était le premier ouvrage publié par les Éditions de Minuit, alors clandestines, d’où, bien entendu, leur nom. En ces temps où l’écrit avait une valeur incommensurable, il devint l’emblème du combat de l’ombre. Quand on traverse la Seine, on peut admirer le square du Vert-Galant ainsi nommé car situé sous le Pont-Neuf où trône une statue équestre d’Henri IV, plus loin, Notre-Dame-de-Paris, monument d’émotion, et, à l’opposé, la fuite de la Seine vers le musée d’Orsay. Sur l’autre rive, d’où la photographie a été prise, le palais du Louvre.

Cet endroit est un de ceux qui, architecturalement parlant, me manquera le plus lorsque je quitterai Paris, ce qui est  inéluctable. Ce paysage est magnifique et la Seine elle-même est plus verte là qu’ailleurs. Plus verte aux beaux jours, plus mordorée quand approche le froid. Avec la montagne Sainte-Geneviève et le groupe architectural que forment le Panthéon, Saint-Étienne-du-Mont, la faculté de droit, la bibliothèque Sainte-Geneviève et le lycée Henri IV, sans parler de la mairie du Ve arrondissement, cet endroit de Paris est vissé dans mon corps avec la vis sans fin de ma jeunesse.

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dimanche, 17 septembre 2006

Hier après-midi

Square Viviani, j’ai trouvé une fontaine pour me laver les mains. Il y avait mille ans que je n’en voyais plus. En la faisant fonctionner, ça sentait l’eau dans les jardins, qui est une odeur d’eau spécifique. En sortant du square, ça sentait très fort la feuille morte. Non pas la feuille morte en décomposition, non, la feuille morte desséchée, un brin poussiéreuse, avant qu’elle ne commence à se détruire, à mourir au monde après être morte à l’arbre.

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mercredi, 13 septembre 2006

On continue

medium_anniversaire.jpgCe carnet a un an. Je suis fort peu porté sur les anniversaires mais je veux bien, toutefois, respecter cette espèce d’usage en vigueur dans le monde des blogs selon lequel on annonce, chaque fois, cette date dont tout le monde, en réalité, se moque. Il y a donc un an que vous supportez mes élucubrations et mes silences, que vous lisez aussi les rares mots de Martine et que vous nous faites l’amitié d’y répondre parfois. Nous vous en remercions.

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lundi, 11 septembre 2006

Quand Fabienne était au marché

Je parlais ce matin des bouquinistes qui enchantent les rives de la Seine et déroulent un ruban de papier imprimé du musée d’Orsay à l’Institut du Monde arabe et, sur l’autre rive, de la bibliothèque Forney (hôtel de Sens) au Louvre.

 

Il est un autre lieu que j’affectionne, c’est le Marché aux livres de la rue Brancion (XVe), à l’ancien emplacement des abattoirs de Vaugirard, devenus parc Georges-Brassens (il demeurait à vingt mètres, rue Santos-Dumont). La halle des abattoirs, très grande, a été conservée. Elle abrite depuis près d’un quart de siècle – il me semble que c’était hier, bon sang ! – plusieurs dizaines de bouquinistes dont la plupart ont pignon sur rue partout en France et viennent s’installer là, le samedi et le dimanche, sur les pavés en pente, parmi des rigoles qui, régulièrement, descendent vers leur enfer.

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C’est un endroit où il fait toujours plus frais qu’ailleurs, ou même froid en hiver : exposé à l’ouest, plein de vents coulis et de traîtrises météorologiques, le marché est un lieu de perdition pour la santé, mais bah ! Il en vaut la peine. L’âme des chevaux morts traîne encore par là et c’est peut-être leur souffle qu’on prend pour des courants d’air.

 

On trouve là de tout, à tous les prix ou, plus exactement, à deux sortes de prix : le bradé et le trop cher. Il n’y a pratiquement plus de prix intermédiaires. Il n’y a que peu de raretés et, lorsqu’il y en a, elles sont hors de prix. C’est un lieu de promenade néanmoins.

 

J’aimais bien aller déjeuner, avant de m’y rendre, sur le trottoir d’en face. Il est un café établi au coin de la rue, dénommé avec finesse et originalité Au Bon Coin. Fameux, n’est-ce pas ? J’aimais y aller parce qu’on y  mange solidement pour un peu cher (mais acceptable cependant) et surtout parce qu’on y était, jusqu’au printemps dernier, servi par la délicieuse Fabienne, ronde aux longs cheveux blonds-roux, aux yeux gris-bleus, et surtout pleine d’humour et d’esprit d’à-propos, très anticonformiste. On sait que je me nourris essentiellement de femmes et de livres, d’où mon teint fatigué. Las, elle ne travaille plus là et je n’ai plus aucun plaisir devant mon assiette attristée. Même mon verre fait la gueule.

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dimanche, 03 septembre 2006

Un été studieux

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 Dans le très grand parc du couvent de Vaylats (Lot), se trouve une espèce de kiosque, plus simplement un abri de jardin où se dresse une table de pierre, en réalité une ancienne roue de moulin. Là, les tauliers ont travaillé à d’immortels manuscrits, comme en témoignent ces deux images. En troisième position, figure la preuve indubitable que le taulier est à lui seul un gros... lot.

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vendredi, 01 septembre 2006

Bulletin de santé

Durant cet été où je me suis montré si paresseux pour ce qui touche à ce carnet, j’ai lu la Correspondance de Cézanne, le Journal des années noires 1940-1944 de Guéhenno, échoué sur le lamentable journal de Pierre Bergounioux intitulé Carnet de notes 1980-1990, commencé une vie de Gabrielle d’Estrées par Janine Garrisson. J’ai écumé des bouquinistes à Cahors, Villefranche-de-Rouergue et Caylus, sans dénicher autre chose que le Mauriac de Jean de Fabrègues paru chez Plon en 1971. Nous avons visité un nombre incalculable d’églises et un prieuré, admiré une série de halles et de châteaux. Nous avons parcouru les salles du musée Henri-Martin de Cahors où, hormis les collections permanentes, on pouvait découvrir l’œuvre du sculpteur Marc Petit, celles du musée Regnault de Saint-Cirq-Lapopie où se trouvait d’ailleurs la seconde partie de l’exposition de ce même Marc Petit. Nous avons regardé quelques DVD empruntés, et en avons acheté deux d’une anthologie d’archives télévisuelles de Gainsbourg. J’ai corrigé, relu, revu, moult manuscrits. J’ai contacté trois éditeurs pour un projet d’ouvrage que deux d’entre eux n’ont même pas désiré recevoir. J’ai obtenu deux refus pour deux autres livres proposés précédemment. Je me suis battu pour qu’on veuille bien me verser les droits de 2005 sur un autre livre encore et je n’ai toujours rien reçu. Nous avons parcouru une douzaine, une quinzaine peut-être de brocantes. J’ai acheté deux microsillons d’occasion, un 25-cm et un 30-cm, consacrés à des séries thématiques de chansons et de textes. Martine a acheté, elle, un 45-tours de Philippe Clay chantant deux textes de Nougaro. J’ai relu le mémoire de DEA de ma seconde fille, consacré au paysage et au regard chez Wim Wenders. Martine a lu une correspondance commentée échangée entre Gide, Verhaeren et Rilke, un livre d’anthropologie, Qu’est-ce que la littérature ? de Sartre, Qu’appelle-t-on philosopher ? par Pierre Bouretz, une piteuse vie de Sagan par Geneviève Moll. Elle a étudié les Cahiers pour une morale de Sartre. Elle a aussi tricoté. Nous avons roulé durant quelques milliers de kilomètres, rencontré des amis et rêvé devant des sites naturels, fait des kilogrammes de confitures (abricots, fraises, prunes, mirabelles, mûres.)

 

Je dois en oublier… Au bout de cet inventaire, nous revenons et sommes surpris de n’avoir pas été oubliés dans le grand bombardement que la canicule puis l’été pourri ont fait subir à la rue Franklin. Bonne rentrée.

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vendredi, 04 août 2006

Les derniers seront les premiers

Je me suis toujours beaucoup étonné du destin des livres, j’entends : de leur cheminement dès qu’ils se retrouvent dans le circuit de l’occasion. Je me rappelle avoir acheté dans le Lot, il y a quelques années, un ouvrage portant, sur la page de garde, le cachet d’un couvreur du Nord. Comment le livre était-il arrivé là ?

 

Avant-hier soir, triant quelques volumes que je désire emmener demain à la campagne, je suis tombé sur le Journal des années noires 1940-1944 de Guéhenno. Ce livre, imprimé en 1947 pour le compte de Gallimard, m’avait été offert en 1985 et fut oublié par moi qui ne l’ai jamais lu, pas plus que son ou ses propriétaires précédents. Preuve irréfutable : il n’était pas coupé. Il est entièrement neuf, son papier à peine vieilli et encore. Je l’ai donc coupé et couvert et je le lirai dans le train. C’est amusant parce que j’ai effectué mon tri dans une partie seulement de ma bibliothèque, celle qui se trouve dans l’entrée et dans le couloir (il y a des livres dans toutes les pièces, hormis pour le moment dans la cuisine et la salle de bains.) Cette partie représente dix-huit mètres linéaires et, en réalité, davantage puisque les volumes sont parfois sur deux rangées et même au-dessus, en travers. Eh bien, c’est presque au ras du sol, sur la dernière tablette que, derrière la seconde rangée, tout au bout de la première, tout à fait à droite, encore dissimulé par plusieurs épaisseurs de tomes couchés en travers, j’ai trouvé ce journal. Pour la première fois depuis 1947, il va être lu. C’était le dernier des rayonnages consultés, le plus caché des livres et le plus oublié des titres.

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lundi, 31 juillet 2006

Télégramme

Suis de retour à Paris pour semaine de permanence. Stop. Repartirai samedi. Stop. Amitiés à tous. Stop. Layani.

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vendredi, 21 juillet 2006

Les Bobines blanches, par Martine Layani-Le Coz

Les doigts et les mains semblent doubler de volume. Pour quelques heures, la lévitation serait un recours idéal. Les bruits, peu à peu, se sont éteints avec le jour ; seul, le marteau des secondes cloue l’avenir dans le noir de la nuit qui ne trompe pas longtemps. Très vite, sur les pas des souris courant au grenier, sous la mélodie du rossignol et dans le braiement de l’âne, l’aube verse son anis au-dessus des lits moites.

 

Il est trop tard pour appeler au téléphone des amis, des parents. La poste est fermée. Le compagnon dort. Que redouter du calme artificiel, si ce n’est la tromperie essentielle, cette croyance que le monde se repose, que tout est suspendu ? L’inactivité n’est pas le repos.

 

Chez quelqu’un, l’opération à venir gâche tout l’été, si bien que les bains ont un air de dernier moment. Chez d’autres, la fatigue due à l’âge fait passer les minutes dans un tamis d’étuve incertain. Et comment aider ceux qui ne disent et ne diront jamais rien ? L’éloignement des siens fige les situations en autant d’instants que de gouttes recueillies quand la vie est océane. La démesure du noir se fait sentir, confondant heures et minutes, kilomètres et années.

 

Le passé et l’avenir se donnent la main au-delà des présents individués. On écrit des lettres, des cartes pour se rassurer. On y couche des mots comme en sommeil, cependant que d’autres sont en guerre perpétuelle pour le langage de l’histoire, ailleurs.

 

La respiration calme cède aux inflexions de l’été, quelque temps, puis la lumière, qui n’a pas de temps à perdre, vient, par reflets interposés, rappeler à l’exigence de la vie et tout reprend son cours naturel. Les couleurs, en vedettes, défient l’écran de nos intelligences humaines.

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vendredi, 07 juillet 2006

Amitiés

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(Mon père est ingénieur, film de Robert Guédiguian, 2004)

 

Nous partons pour le Lot. La rue Franklin reste ouverte et se manifestera de temps en temps. À vous.

 

Jacques et Martine.

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No tombe (de haut)

Habituellement, je m’abstiens ici de toute remarque contre Amélie Nothomb. J’entends par là que je ne me laisse pas aller à dire tout ce que je pense de sa personne et de ses publications. Je le fais essentiellement, on le sait, pour l’ami De Savy. Quand j’aime bien quelqu’un, je respecte même ce que je ne peux pas supporter chez lui. Riez, riez, ce n’est pas facile, en réalité. Je sais que Benoît, notre correspondant au Québec, apprécie aussi cette jeune femme, au moins partiellement. Tolérant comme je suis, je ne dis rien. Je ne dis rien non plus, alors que Pierre Bosc, notre correspondant en Roussillon, ne la déteste pas.

 

Je voulais toutefois, ce matin, vous proposer le lien vers l’entretien imaginaire qu’a eu notre ami Dominique, prince des philologues, avec la reine du torchon de septembre. Or, j’apprends, à ma totale stupéfaction, que le texte de cette rencontre est à prendre au second degré, Dominique appréciant Amélie Nothomb. On m’aurait dit ça, j’aurais éclaté de rire. Mais non, c’est vrai.

 

Il me faudra l’été pour m’en remettre.

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jeudi, 06 juillet 2006

Définitivement et à tout jamais éternellement pour toujours pour toute la vie

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mardi, 13 juin 2006

Varia, 3

J’ai reçu ce matin l’acceptation de l’Harmattan pour un manuscrit de théâtre dans lequel j’ai groupé mes deuxième et troisième pièces, Manon et Guillemine. Ce sera ma publication de l’année, vraisemblablement. Je sais, l’Harmattan, ce n’est pas terrible : on fait ce qu’on peut. J’attends la réponse d’un autre éditeur pour le même texte ; même s’il acceptait, ce serait trop tard puisque je vais signer chez l’Harmattan. Quand on n’a pas d’éditeur, le premier qui répond l’emporte, même si l’on préfèrerait paraître chez l’autre.

 

Je lis depuis quelques jours le Journal de guerre (1939-1941) de Simone de Beauvoir.

 

Mes travaux personnels n’avancent guère, uniquement par manque de temps, donc d’énergie, celle-ci s’usant au travail salarié pour un gain somme toute inacceptable, de l’ordre des picaillons. Compte tenu du nombre de collègues de l’Éducation nationale qui se vautrent dans cette rue, point n’est besoin que je précise de quel ordre sont les traitements des fonctionnaires. Il paraît que c’est encore trop.

 

Je n’ai toujours pas reçu mon bulletin de salaire du mois de mai.

 

Bavardé une heure hier, au Daguerre, avec Jean-Claude Tertrais, qui connut André Breton à partir des années 50. La façon dont ils se sont rencontrés est plaisante. Tertrais, autodidacte d’une vingtaine d’années, travaille aux Halles et fait de longs trajets en métro, qu’il met à profit pour lire. Il découvre les livres de Breton. Enthousiasmé, il lui écrit avec l’inconscience de la jeunesse. Il faut croire que la lettre était intéressante, puisque le poète l’invite à le rencontrer. Là, il a tout de même le sentiment de subir un examen de passage. Rimbaud, Lautréamont, Apollinaire, il s’en tire bien. Soudain, tombe la phrase qui tue : « Connaissez-vous Thomas de Quincey ? » Pour Breton, c’est un critère. Hasard objectif, Tertrais a lu de Quincey, justement, quelques jours avant... C’est un homme étonnant, plein d’histoires à raconter. Quand on pense que, jeune insoumis durant la guerre d’Algérie, il fut envoyé en bataillon disciplinaire avec les brimades et les coups dans la gueule que ça comporte, on s’étonne de le trouver si ouvert et plein d’humour. Il a  connu un nombre incroyable de gens. Nous avons évoqué Bérimont, Mac Orlan, Lacassin, Sigaux, Laforgue, René Floriot… et même l’abominable docteur Petiot. Le Perrier n’était pas assez frais et la rondelle de citron était une demi-rondelle. J’ai trouvé ça mesquin de la part du café.

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mardi, 06 juin 2006

Dès le dos

« C’est pourtant le cas de ce livre. Son objectif, exposé dès le dos de la jaquette, sonne comme un défi » lit-on dans Le Monde du 6 juin 2006. Ce journal, décidément, commet de plus en plus d’erreurs. Je ne suis pas sûr, d’ailleurs, qu’un défi soit à même de sonner.

 

Outre l’emploi, très étonnant, de « dès » associé à « le dos » – on commence donc par le dos ? C’est alors entériner le fait que, décidément, le futur acheteur d’un ouvrage le tourne immédiatement pour lire l’argumentaire publicitaire que constitue la quatrième de couverture – c’est ici l’occasion de faire un brin de terminologie.

 

Ce dos-là, pour commencer, n’est pas le dos. C’est la quatrième de couverture, ou le quatrième plat. Le dos, c’est ce que tout le monde appelle la tranche. La tranche, la vraie, est à l’opposé du dos. Elle peut être dorée, d’où l’expression « doré sur tranche. » Elle est surplombée par la tranche supérieure et surplombe elle-même la tranche inférieure.

 

Nous parlerons une autre fois des mots et expressions : tranchefile, pièce de titre, signet, coiffe, fer, garde, faux-titre, page de titre, colophon, vignette, cul-de-lampe, drapeau, justification, appuyé à gauche ou à droite, police, corps, œil de la lettre, chasse…

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lundi, 05 juin 2006

Tournures

J’en ai assez de ceux qui parlent le chinois au lieu de parler chinois. De ceux qui habitent au 47, rue Machin au lieu d’habiter 47, rue Machin. Des ouvrages qui paraissent sous le titre de Les cafés seront bus demain au bout du monde au lieu de paraître sous le titre Les cafés seront bus demain  au bout du monde.

 

On peut trouver d’autres emplois de ce genre. Je ne sais pas, d’ailleurs, si les premiers sont vraiment fautifs et nul doute qu’un débat s’instaurera bientôt entre les distingués promeneurs de la rue Franklin, qui ne manquent pas de références philologiques, sémantiques et syntaxiques. Ces tournures sont peut-être correctes, finalement. Mais je les trouve lourdingues.

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mercredi, 19 avril 2006

Varia, 2

Mme Stirbois est décédée. On ne la regrettera pas. J’ai rarement vu et entendu quelqu’un d’aussi haineux, d’aussi dur, d’aussi mauvais.

 

Démêlés constants avec les éditeurs qui ne respectent pas leurs engagements contractuels, en particulier au moment de la reddition des comptes. Contacts pris avec un avocat à qui j’ai soumis deux dossiers. J’attends sa réponse pour savoir s’il accepte de s’occuper de mes petites préoccupations.

 

Comment ne pas voir la tendance généralisée, en ce moment, au téléfilm de semi-fiction : Le Grand Charles, Le Procès de Bobigny, Les Amants du Flore, L’Adieu, L’Âge des passions… Des reconstitutions soignées et, le plus souvent, un résultat sans intérêt, du moins pour ceux que j’ai pu regarder car la télévision, on le sait, m’ennuie beaucoup. À part Le Procès de Bobigny dont j’ai un peu parlé ici-même, le reste… En tout cas, une constante : de la guerre aux années 70, on considère maintenant qu’il s’agit d’histoire. On reconstitue.

 

Mon collègue de bureau porte un nom plutôt courant et un prénom qui ne lui autorise pas suffisamment d’originalité pour éviter la rencontre d’homonymes. Je lui parlais de ces fréquentes homonymies, alors que je venais de lire un article consacré à une librairie dont le gérant s’appelait exactement comme lui, nom et prénom.

Lui :

- On va voir si tu as des homonymes, toi.

- Des Jacques Layani, il y en a au moins quatre.

Ce qui est rigoureusement exact.

Lui, les pieds dans le plat de Google :

- Oh, qu’est-ce que tu as  comme homonymes ! Jacques Layani, Jacques Layani… Ah mais, Jacques Layani, c’est un écrivain, en fait.  Il a écrit Albertine Sarrazin, une vie et puis Dix femmes, et puis…

Leçon d’humilité.

 

François Angelelli, « mon plus vieil ami sur la terre », ainsi que j’ai coutume de le désigner, est de passage  à Paris pour deux jours. Nous nous connaissons depuis quarante ans. Près du Panthéon, j’ai envie de l’emmener admirer Notre-Dame-du-Mont, cette petite église de la montagne Sainte-Geneviève, toute d’harmonie et de proportions, que je tiens pour un joyau. Je voudrais qu’il la découvre. Nous entrons en pleine messe : c’est le dimanche de Pâques. On ne circule pas durant les offices. Raté. À défaut de pouvoir lui montrer, près l’autel de la Vierge, le pilier sous lequel sont enfouis les restes de Racine, de retour de Port-Royal, je lui rappelle que, là, fut célébré le service funèbre de Verlaine, décédé à quelques dizaines de mètres, rue Descartes. Dans l’assistance, figurait Paul Fort. Cela fait trois poètes chers à  mon cœur. Je lui raconte, en partant, qu’il y a quelques années, un soir, je passais dans l’église en question, attendant, ô païen, l’heure de la séance d’un cinéma de la rue des Écoles. Dans la demi-pénombre, une petite dame, bien âgée, s’approche :

- Monsieur...

- Madame.

- Vous êtes prêtre ?

On ne me demande pas ça tous les jours. Avec toute la politesse dont je puis être capable :

- Ah, non, madame, non.

Elle, posant sur ma manche une petite main fragile, ancienne, une main en dentelle, et avec un air mi-confus, mi-complice :

- Vous en avez l’air.

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jeudi, 23 mars 2006

Des éclairs et des livres

Marseille, année scolaire 1963-1964. La couverture aux motifs rouges, blancs et noirs des classiques Bordas : en classe de cinquième, Corneille me raconte Horace.


Quelque part en France, vers 1965, en été. J’avise dans un présentoir tournant L’Homme invisible de Wells, que je me fais offrir par mes parents. C’est mon premier Livre de Poche. Je crois que je ne l’ai pas conservé. J’ai encore cette œuvre, mais ce doit être un autre exemplaire.


Marseille, année scolaire 1965-1966. La traduction de La Guerre des Gaules en 10-18,  acquise dans la petite librairie (Librairie du Lycée, sans doute, je ne sais plus) qui faisait face à l’établissement. Pour ne pas me casser la tête avec les versions latines. Comme si le professeur allait être dupe…


Paris, septembre 1970. Une petite biographie de Van Gogh, brochée, à la couverture un peu criarde. C’est, je crois bien, le premier livre que j’achète chez les bouquinistes des quais de Seine.


Paris, décembre 1970. Rue Ternaux, la toute petite librairie du Monde libertaire (Fédération anarchiste). Minuscule, surchargée d’ouvrages, opuscules, brochures, tracts. J’y achète quelques livres et revues aujourd’hui introuvables, bien sûr.


Paris, juin 1971. Petit hôtel du XVe arrondissement. Je lis d’une traite le roman de Guimard, L’Ironie du sort, au Livre de Poche.


Luz-la-Croix-Haute, juillet 1971. Je vais retrouver un ami qui est moniteur dans une colonie de vacances. Il m’attend avec deux livres, Colline (Giono) et Bourlinguer (Cendrars).


Lamastre, août 1971. Je lis Christiane Rochefort, Le Repos du guerrier, et Chabrol, Contes d’outre-temps.


Marseille, 1974. Je lis Vailland, La Fête, en Folio, attablé au Comptoir de Paris où j’avale un sandwich.


Sousceyrac, août 1975. Impossible de trouver ici Le Déjeuner de Sousceyrac. Je l’achèterai à Crest.


Bruges, septembre 1975. Il neige, ou il va neiger bientôt. J’achète le roman d’Armand Lanoux, Le Rendez-vous de Bruges, au Livre de Poche.


Ne cherchez pas le pourquoi de cette note. Il n’y en a pas. Ce sont des éclairs de mémoire liés au livre et au temps. Est-ce que ça vaut les Je me souviens dont, à la suite de leur inventeur, tout le monde s’est emparé ? Quelques uns, par pudeur peut-être, ont osé des Je n’ai pas oublié. Bien sûr, je pourrais continuer mais on ne va pas chercher les éclairs, on ne les discute pas, on s’immole dans leur lumière blafarde.

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vendredi, 17 mars 2006

Varia

Le site Albertine Sarrazin, délit de jeunesse que j’ai bricolé est enfin référencé par Google, mais d’une manière curieuse. On trouve quatre pages sur cinq seulement, et encore, en cherchant avec le titre exact entouré de guillemets. Il faut donc savoir qu’il existe. Autrement, à la requête « Albertine Sarrazin », on trouve deux pages sur cinq, en pages 6 et 7 des réponses. Je ne sais pas pourquoi.

 

Le livre sur Cora Vaucaire, annoncé il y a plusieurs mois et dont la sortie fut ensuite, aux dires des libraires, annulée, a finalement paru sous un autre titre. Incompréhensible. Ou bien alors, y a-t-il eu un problème de titre au dernier moment ? Il s’intitule L’Intemporelle (c’était déjà le titre de son disque de 1976). Concrètement, ce sont trois-cents pages d’entretiens avec Martin Pénet, producteur à France-Musique et historien de la chanson, parues aux éditions de Fallois. Comme je m’en doutais, Cora Vaucaire n’ayant, de son propre aveu, aucune notion de dates ni d’exactitude, le pauvre biographe en est réduit à indiquer chaque fois que possible, en note infra-paginale, une date ou un repère dans le temps car, dans les propos de l’artiste, il n’y en a pratiquement pas. Restent des entretiens établissant grosso modo une biographie, un peu superficielle tout de même. La vie de Cora Vaucaire, née Geneviève Collin à Marseille en 1918, reste à écrire – mais ce n’est pas la faute de Pénet. L’iconographie est abondante et de qualité. D’intéressantes annexes, très complètes, mais pas d’index des noms cités.

 

Je me bats toujours avec les éditeurs pour qu’ils me versent mes maigres droits, notamment avec celui qui n’a plus rien envoyé depuis 2004, alors que, par contrat, il doit rendre les comptes chaque trimestre.

 

Au manque de temps, s’ajoute le fait que je lis moins vite qu’avant : la vue, l’abrutissement de l’âge. J’ai beaucoup de mal à m’y faire. C’est douloureux. Ah, l’époque où je lisais cinq livres par semaine...

 

Je confirme le ralentissement très net, sinon la stagnation, des forums et blogs que je lis régulièrement. Qu’il s’agisse des notes ou des commentaires, il ne se passe presque plus rien, voire plus rien. Quelques exceptions, naturellement, mais dans l’ensemble, c’est exact. Comme cela dure depuis plusieurs mois, je ne comprends pas. Ce ne doit pas être très important...

 

Retour des petites remarques minables de la part d’un crétin raciste d’extrême-droite qui me lance quelques piques gratuites sur un blog récent, où je laisse des commentaires de temps en temps. Ah, ça faisait longtemps ! Quand je pense qu’un des participants, ici-même, a cet abruti, vulgaire et satisfait, en lien sur son propre blog... Fatigue.

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lundi, 13 mars 2006

Un mot du taulier

Je n’ai pas énormément de choses à dire en ce moment (peut-être pas plus que d’habitude, d’ailleurs…) et j’ai beaucoup de travaux personnels qui trouvent à grand-peine leur place dans les rares morceaux de soirées que je parviens à leur consacrer.

Il se peut donc que ce lieu demeure sans changement durant quelque temps. Pas forcément, non plus. Bien évidemment, on peut, si on le désire, me joindre par courrier électronique.

Comme je l’ai expliqué plusieurs fois, ce silence, qui évite le côté systématique, est garant de l’authenticité du blog.

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jeudi, 09 mars 2006

Mai 1968

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Et nous allions dans la jeunesse, devenue vieille sans nous le dire. Dans la bouche, tout était craquant et savoureux. Les baisers des femmes étaient voluptueux et leur goût encensait nos chimères. Il y avait de la musique dans leur démarche. Il y avait des sourires et des printemps et nous voilà greniers. Allons, allons encore, laissons la peur de vivre aux bêtes à mort.

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mercredi, 01 mars 2006

Phrase

On a inventé la hiérarchie pour remplacer l’intelligence et l’autorité pour remplacer la beauté.

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lundi, 20 février 2006

En lisant le Petit Littré, 2

Il est amusant de constater que, parfois, l’adjectif ne suit pas le substantif dans ses aventures et ses évolutions. Si complainte possède plusieurs sens : plainte en justice ; lamentation ; chanson populaire de quelque événement tragique ou sur une légende de dévotion – en revanche, complaignant n’a qu’une seule acception, celle qui se rattache au sens premier du substantif : qui se plaint en justice. Il ne peut donc s’agir d’une personne qui se lamente ou d’une autre, qui chanterait une chanson populaire.

 

Curieux, n’est-ce pas ? Si j’en crois, du moins, le père Émile, et je n’ai pas de raison de douter de sa parole.

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lundi, 06 février 2006

En lisant le Petit Littré

Paraphernal, ale, adj. En droit, se dit des biens particuliers de la femme, dont la jouissance et l’administration lui sont laissées. Subst. Le paraphernal, les paraphernaux, les biens paraphernaux.


Paraphraseur, euse, sm et f. Celui, celle qui amplifie verbeusement les choses en les rapportant.


Paraphraste, sm. Celui qui fait la paraphrase de quelque ouvrage.


J’aime – ce n’est pas original –  ouvrir le dictionnaire n’importe où, lire puis m’arrêter en quelque endroit. Je ne le faisais plus depuis longtemps, depuis que le temps coûte si cher. Voici donc ce que j’ai noté de ma promenade d’hier soir. Je ne connaissais pas paraphernal. J’ignorais, par ailleurs, qu’il y eût une différence entre les deux définitions se rapportant à la paraphrase et qu’existât, par conséquent, le mot paraphraste. J’aurais, je l’avoue misérablement, utilisé paraphraseur dans les deux cas.


Un brin de dictionnaire, le soir, peut beaucoup pour vous. Sans avis médical.

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mardi, 31 janvier 2006

Ainsi parlait le paysage, 5

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Comme une fable nouvelle, Le Non des villes et le Non des champs.

07:00 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 14 janvier 2006

Ainsi parlait le paysage, 4

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Ici encore, le paysage proteste. Il demande à être conservé, maintenu, non agressé. Il se défend. Il crie avec des paroles de bois, des paroles blanches.

 

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07:00 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (7)

lundi, 09 janvier 2006

Passage et passation

En faisant, ce matin, du « stop journal » dans le métro évidemment bondé, j’ai lu ceci, en légende d’une photographie montrant deux personnes dans un bureau : « Passage de relais entre deux hommes qui… » Je me suis demandé pourquoi on disait passage de relais et passation des pouvoirs. Nul doute que les nombreux lexicologues, grammairiens et philologues qui hantent la rue Franklin auront à cœur de répondre à cette angoissante question.

10:48 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (16)

dimanche, 01 janvier 2006

1er janvier

Si vous décidez de poursuivre votre promenade dans ma rue

Si vous décidez d’en visiter tous les numéros

Si vous décidez d’emménager dans un des immeubles qui la bordent

Bonne année

Si vous décidez autre chose

Bonne année

C’est vous qui choisissez

07:00 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (17)

lundi, 19 décembre 2005

Décembre

Décembre s’écoule, s’en va, que je n’aime pas. J’aime novembre, pas décembre, à cause des « fêtes » tout d’abord, qui sont une chose sinistre, poisseuse, gluante. Pas à cause de la lumière toujours plus rare, non, d’ailleurs, la proche survenue du solstice d’hiver nous promet le recommencement, l’allongement, l’étirement minute après minute d’une flambée nouvelle. Je n’aime pas décembre qui pourtant m’a vu naître parce que c’est un mois d’attente, quelques semaines mises entre parenthèses – et je n’aime pas l’attente, je n’aime pas ce qui s’étend entre des parenthèses. C’est un mois sans consistance, impalpable, qui échappe des doigts parce que tout en lui est dédié aux « fêtes » ; si l’on veut vivre autre chose, on ne peut pas. Je n’aime pas les lieux qu’on ne peut pas habiter parce qu’ils sont universellement dédiés et qu’il faut faire sienne cette dédicace. Il suffit qu’on veuille m’imposer quelque chose pour que je me rebelle immédiatement. Décembre est un mois sans courage, décembre s’échappe, on ne peut pas le prendre aux épaules et le regarder dans les yeux. Décembre me plairait s’il n’était vendu.

10:20 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (15)

mercredi, 14 décembre 2005

Quelques chiffres

Pour information :

 

Ce blog vit maintenant depuis un peu plus de trois mois. Il compte 80 notes (celle-ci est la 81e) et 955 commentaires.

 

Entre ceux que j’ai conviés initialement et ceux qui sont venus s’ajouter depuis, trente personnes possèdent le code d’accès, même si peu s’expriment.

16:53 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (2)

mardi, 13 décembre 2005

Un peu d’ordre

Peut-être aurez-vous remarqué que j’ai créé deux nouvelles catégories, dont les liens figurent dans la colonne de gauche. « L’édition », comme son nom l’indique… Et « Cour de récréation » qui regroupe les petites bêtises comme les différents épisodes d’Au café du coin et les jeux du vendredi.

 

Ces classements nouveaux ne rendent pas mes notes plus intéressantes, je vous l’accorde volontiers, mais ils permettent d’éviter le fourre-tout qu’était devenue la catégorie « Humeur » et le bazar né de « Société ».

12:00 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (3)

lundi, 05 décembre 2005

Une constatation

On m’a souvent dit que ce blog était difficile, d’un niveau élevé, ce qui m’a toujours étonné. Je n’ai pas du tout cette impression. J’avais parlé de cela le 14 octobre dernier, dans une note (Quelque chose m’échappe) qui s’achevait ainsi : « Il y a ici, dans la mesure où j’ai pu avoir connaissance du métier de chacun, des professeurs de toutes disciplines (pas seulement de lettres), des éditeurs, des étudiants, d’anciens libraires, des philologues, des littéraires en général, des cinéphiles. Beaucoup de participants se piquent d’écrire. Et ce sont ceux-là qui me disent à moi, presque entièrement autodidacte, qu’il est ardu de se promener rue Franklin ? Par exemple ! Quelque chose m’échappe. »

 

Lorsque je regarde ce qui s’est produit les trois vendredis précédents, je m’amuse beaucoup. J’ai publié ces jours-là : un petit jeu portant sur des pseudonymes d’auteurs (Au royaume des pseudonymes) ; un autre jeu consacré aux métaphores « canines » existant dans la langue (Un chien vaut mieux que deux tu l’auras) ; un récit sans importance, particulièrement fantaisiste et pas réellement écrit (Au café du coin).

 

Ces trois notes n’étaient pas difficiles à lire, à comprendre, à commenter. Or, ce sont ces trois billets qui ont le moins intéressé les participants. Je m’en réjouis beaucoup, mais je ne comprends pas très bien.

10:05 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (12)