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samedi, 21 novembre 2015

Ma France à moi, par Pierre Perret

J'ai reçu, retransmis, ce texte, qui tourne sur Internet. Je ne crois pas que Pierre Perret s'offusquera si je contribue à le diffuser. Merci à lui.

Bonsoir mes loulous, voici quelques lignes inspirées par le non-respect d’une vieille dame qui s’appelle la France : elle a soudain perdu, sans méfiance aucune, ses enfants, exécutés par des êtres immondes... Méditez cela, c’est gratos, à bientôt les amis, je vous embrasse.

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Ma France à moi

    C’est celle de 1789, une France qui se lève, celle qui conteste, qui refuse, la France qui proteste, qui veut savoir, c’est la France joyeuse, curieuse et érudite, la France de Molière qui tant se battit contre l’hypocrisie, celle de La Fontaine, celle de Stendhal, de Balzac, celle de Jaurès, celle de Victor Hugo et de Jules Vallès, la France de l’invention, des chercheurs, celle de Pasteur, celle de Denis Papin et de Pierre et Marie Curie, la France des lettres, celle de Chateaubriand, de Montaigne, la France de la Poésie, celle de Musset, d’Eluard, de Baudelaire, de Verlaine et celle d’Aimé Césaire, la France qui combat tous les totalitarismes, tous les racismes, tous les intégrismes, l’obscurantisme et tout manichéisme, la France qui aime les mots, les mots doux, les mots d’amour, et aussi la liberté de dire des gros mots, la France qui n’en finira jamais de détester le mot « soumission » et de choyer le mot révolte.

    Oui, ma France à moi, c’est celle des poètes, des musiciens, celle d’Armstrong, celle de l’accordéon, celle des chansons douces, des chansons graves, des espiègles, des humoristiques, des moqueuses ou celles truffées de mots qui font rêver d’un amour que l’on n’osera jamais déclarer à celle qu’on aime.

    Ma France à moi, c’est celle de Picasso, de Cézanne et celle de Soulages, celle d’Ingres, celle de Rodin, la France des calembours, des « Bidochon », celle de la paillardise aussi bien que celle du Chant des partisans.

    Ma France, c’est celle de Daumier, celle de L’Assiette au beurre, du « Sapeur Camembert », celle de Chaval, celle de Cabu, de Gottlieb, de Siné, celle du Canard, de Fluide Glacial et de Charlie, drôles, insolents, libres !

    Ma France, c’est aussi celle des dictées de Pivot, celle de Klarsfeld et celle de Léopold Sedar Senghor, la France des Enfants du paradis et des « Enfants du Vel-d’Hiv », celle de la mode libre, celle de la danse, des flirts et des câlins, celle de la musique douce et des rock déjantés, celle de la gourmandise, ma France à moi, c’est une France capable de renvoyer dos à dos la Bible et le Coran s’il lui prend l’envie d’être athée.

Eh oui ! Ma France est une France libre, fraternelle et éternellement insoumise aux dictats de la « bien-pensance ».

    Il n’est qu’en respectant toutes ces diversités qu’on arrive un jour à vivre la « douce France » de Trenet. Celle qui m’a toujours plu et que notre jeunesse lucide et combative fera perdurer par-delà les obscurantismes.

    Figure révolutionnaire emblématique durant la Commune, le « Père Duchêne » écrivait au frontispice du journal qu’il publiait en 1793 : « La République ou la Mort ! ». Son journal coûtait un sou… mais on en avait pour son argent.

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jeudi, 16 avril 2015

On déménage

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Le taulier et la taulière déménageront le 4 mai pour aller s’installer en Provence.

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lundi, 10 mars 2014

Il y a trente ans environ, j’ai écrit mon épitaphe

Il ne pensait jamais comme il fallait penser

Dans cette vie tribale il a connu l’ennui

Il n’aimait que l’amour l’absolu les étoiles

Les femmes et les cœurs ouverts dedans la nuit

Il rêvait d’utopie de livres et de voiles

 

La nature est pliée au bord de l’autoroute

Les forêts ont des gants que l’automne leur offre

Les flaques d’eau déjà de remords s’évaporent

Voilà le siècle meurt et nous passons nos vies

 

Les mots sonnent tout frais dans les matins de France

Ô merveilleux clochers villages du Midi

Qu’ils sonnent dans le vent toute mon espérance

On m’a offert les mots lorsque j’étais petit

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mardi, 05 novembre 2013

Dans le Lot

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L’immonde taulier et la belle taulière habitent désormais le Lot. Le taulier est en effet à la retraite depuis le 1er octobre. Un changement de résidence et un changement de situation entraînent un  incroyable méli-mélo de démarches administratives dont un bon nombre, jusqu’à présent, n’ont toujours pas porté leurs fruits, en dépit de courriers, appels téléphoniques, messages électroniques… Enfin, on y arrivera.

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vendredi, 24 mai 2013

Les chanteurs ne meurent jamais

Je suis dégoûté.

J’ai vu mourir Brel, Brassens, Montand, Gainsbourg, Moustaki, Barbara, Trenet, Caussimon, Catherine Sauvage, Ferré, Nougaro, Pia Colombo, Ferrat, Christine Sèvres, Lemarque, Mouloudji, Cora Vaucaire, Douai, Louki, Reggiani, Clay, Leclerc, Édith Piaf, Fanon. Je dois en oublier beaucoup.

Demeurent, tapis de feuilles au risque des vents, Gréco, Tachan, Béart, Ibañez, Escudero, Vigneault, Marie-Paule Belle, Lama, Ogeret, Utgé-Royo, Francesca Solleville, Verdier, Hélène Martin, tous plus ou moins âgés tout de même. Je ne dois guère en oublier.

Les verrai-je tous disparaître ?

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mercredi, 20 mars 2013

Ajouts et rajouts font de laides bajoues

Avez-vous remarqué qu’on ne sait plus ajouter, mais qu’on rajoute ? Dans tout ce que je lis, chaque fois qu’il est question d’ajouter, il est désormais écrit rajouter. Pourtant, on ne peut rajouter qu’à un ajout initial. L’acte premier est un ajout.

C’est une marque de notre époque, semble-t-il. Plus la vie est difficile, plus on triche, on fait semblant, on en rajoute (oui, oui) parce que ça fait riche, en quelque sorte.

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mardi, 19 février 2013

Les importuns

Au mois d’août 2012, à Villefranche-du-Périgord (Dordogne), nous entrons, mon épouse et moi, dans une petite boutique de livres d’occasion et de restauration d’ouvrages. Il y a relativement peu de volumes à vendre. Un large regard circulaire puis deux ou trois inspections de haut en bas et j’ai à peu près compris ce que propose le bouquiniste. La phrase rituelle tombe dans mon dos : « Vous cherchez quelque chose de particulier ? ». Martine ne peut se retenir, elle éclate de rire. Cette phrase, elle sait que je ne la supporte pas, je la répète chaque fois que je veux me moquer, et la voici qui nous est servie avec sérieux. Je ne m’agace pas et réponds : « Je regarde, merci ».
Ce n’est pas fini – le libraire, à qui je tourne toujours le dos puisque ce sont les livres que je suis venu voir, non lui, poursuit : « C’est pour vous expliquer le classement ». Il est bien aimable, en vérité ; le classement, toutefois, je suis en train de l’assimiler à grande vitesse. Je suis en train de le lire. Eh oui, un classement se lit, c’est pourtant vrai.
Le bougre, devant mon refus poli réitéré, se tait un instant, puis, n’y tenant plus : « Vous voulez un peu de lumière ? ». Non, je n’en veux pas… Il insiste : « Avec cette chaleur, on n’allume pas ». Soit, soit… Je continue mon exploration des deux modestes parois couvertes de rayonnages. Soudain, la femme du bouquiniste, qui jusque-là se tenait assise devant sa porte, lisant… Télé 7 jours, entre et déclare : « Mon mari vous a expliqué le classement ? »
Toutes ces interruptions se font dans mon dos, elles tombent sur mes reins comme un épuisement. Je sens un chatouillement très désagréable au bas de l’épine dorsale et réponds, toujours amène, pourtant : « Je le découvre, merci ». Ce n’est décidément pas suffisant pour avoir la paix : « Ah, vous le découvrez ? », insiste-t-elle.
Voici une troisième paroi, proposant quelques collections dépareillées : « Vous ne voulez vraiment pas de la lumière ? », demande l’homme, décidément bien bon. Mon déni ne l’empêche pas de poursuivre sur le thème de la chaleur et de l’ombre maintenue. Il conclut : « C’est la moindre des choses que vous puissiez voir ce qu’il y a sur les étagères, quand même ». Certes, mais je ne réponds plus.
On l’aura compris, il n’y a rien à lire dans cette échoppe. On y trouve moins de livres que chez moi et les seuls ouvrages qui seraient ici susceptibles de m’intéresser, je les ai déjà lus depuis quelques décennies. Pour la forme, nous acquérons pour trois euros une anthologie de nouvelles parue autrefois chez France-Loisirs, dans un volume cartonné tout roussi. La merveilleuse trouvaille ! Sans doute avais-je mal compris le classement…

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Café au lait

Au bout du compte, où aurais-je pu travailler pour gagner ma vie, sinon à l’Éducation nationale et à la Culture ? Je me le demande. À moins que, a contrario, ces postes, ces domaines m’aient façonné ? Saura-t-on jamais faire la part des choses ? L’écriture, toujours, aura été présente, évidemment : corollaire, il y eut la librairie, le revuisme, la publication. Toutefois, je sais aujourd’hui que je n’aurais pas pu travailler dans l’édition parce que cela ne m’intéresse pas du tout. C’est à force de mieux connaître le milieu qui, certes, ne m’agrée point, mais aussi le fonctionnement et les méthodes de travail, le jargon, l’état d’esprit, bref, ce qu’on nomme aujourd’hui, entièrement à tort, la culture, que j’ai acquis cette certitude, car, autrefois, j’aurais été attiré par ce domaine si, d’aventure, s’était présentée une quelconque occasion. J’aurais été évidemment très déçu, comme je le fus en librairie. Bien entendu, j’aurais préféré ne faire qu’écrire, exclusivement. Cela n’aura pas été possible et, finalement, tout est bien. Je suis en effet dégagé de toute contrainte commerciale, indissociable de la librairie et de l’édition. Je ne suis pas un homme qui vend, ce n’est pas mon métier, ce n’est pas mon domaine, ce n’est pas la corde de mon arc. Je me rappelle cette remarque que me fit, sans malice d’ailleurs, le directeur littéraire d’une maison d’édition parisienne : « Personne ne vit du livre, à part les éditeurs ».
La rédaction est demeurée ce qui me retient le plus. Professionnellement, j’écris des lettres, des notes et rédige des comptes rendus. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est encore ce qui m’ennuie le moins parce que, dès l’instant où il s’agit d’assembler des mots pour en faire des phrases, d’ordonner le tout selon les meilleurs désirs de la grammaire et de la syntaxe, c’est parfait. Rédiger me plaît, même s’il ne s’agit que de travaux administratifs. Je suis un manieur de mots, un plasticien de l’expression. Alors que j’étais assis, au travail de ma mère, devant l’énorme machine à écrire des services postaux d’Alger (c’était le grand immeuble alors moderne dénommé Mauretania, que j’entendais Morétagna sans en comprendre la précise signification), l’aspect définitif que prenaient les mots, dans leur livrée de dactylographie, me fascinait déjà. L’imprimerie, très vite, m’ouvrit des horizons, me permettant de lire café au lait où j’avais toujours compris cafolait. J’avais trois ans, elle fut libératrice, émancipatrice, porteuse d’audace. Ce café au lait fut réellement une très grande découverte, si bien qu’il a effacé les autres primes découvertes d’ordre typographique. « Ah, c’est ça » : ce fut quelque chose de ce genre qui se dit dans ma tête, la première fois que je vis ces mots imprimés. Le café au lait me fit grandir d’un coup, rattachant définitivement à l’enfance première son avatar cafolait qui, sans doute, devait beaucoup à la prononciation familière. Dans le même ordre d’idées, je découvris vite ce que pouvait bien signifier réellement le mot trédugnon qui me faisait penser à grognon, trognon, oignon : je vis un petit trait qui, amicalement, unissait deux mots. Et le rideau s’ouvrit : un trait d’union, mais oui, mais bien sûr… Cet envol de l’esprit – les mots prenaient sens et le langage, ce sourire, devenait un serment d’amour – m’attacha définitivement à la chose imprimée.

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vendredi, 15 février 2013

De mon journal de 1998

Avril. En retournant au bureau, j’ai emprunté l’ascenseur avec un couple. La femme était fine, avait l’air intelligent ; surtout, elle avait des yeux sombres et brillants à la fois, absolument adorables. Je l’ai longuement regardée dans les yeux, elle aussi ; nous n’avons pas détourné notre regard (moi si, à la fin, parce que ça devenait indécent, pour son compagnon surtout). Nous avons fait l’amour avec les yeux. Je ne la reverrai sans doute jamais. C’est cela, la vie. C’est très injuste et cependant délicieusement fugace.

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jeudi, 14 février 2013

De mon journal de 2009

21 septembre. Dans le hall du cinéma, une jeune femme, très jeune, vêtue de blanc, distribuait des échantillons d’un nouveau parfum. J’ai évidemment oublié le nom d’icelui, étant, comme on le sait, parfaitement étranger à toute manipulation publicitaire, quelle qu’elle soit. Il reste que, comme elle expliquait à Martine que ce parfum se déclinait en trois fragrances et qu’elle en portait elle-même, j’ai dit spontanément : « Vous permettez ? » et me suis penché vers elle. Avec le sourire, elle a dit « oui » et m’a tendu son cou, sans autre forme de procès. Je l’ai donc sentie publiquement et, remarquant que cette odeur était manifestement verte, lui ai dit que cela allait avec ses yeux vert-olive. Elle fut ravie et j’avoue que je ne reviens pas moi-même de cette aisance avec laquelle elle m’a autorisé à sentir son intimité. Cela s’est produit comme nous achetions les billets, à l’avance. Nous sommes ensuite allés au café d’en face et, revenant à l’heure de la séance, j’eus droit à de nouveaux sourires agrémentés d’un : « Je peux vous en donner d’autres, si vous voulez ». Elle parlait d’échantillons, naturellement. À l’issue du film, comme nous sortions, elle m’en mit encore un dans les mains. Quelle curieuse fille ! Ou bien alors mon charme est-il incommensurable… et à même de durer plusieurs heures.

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mercredi, 06 février 2013

Un article actuellement particulier

Parmi les tics qui rendent hirsute le langage de nos contemporains et me donnent des boutons dans les oreilles, « dispositif » remplaçant « dispositions », « expertise » ayant pris la place d’« expérience », et autres cochonneries, scories d’un vocabulaire déjà pauvre, « particulier » tient, depuis bien trop de temps maintenant, une place importante.
Désormais, tout est particulier, singulièrement lorsque l’on n’a rien à dire. Une personne demeurant muette devant une œuvre, un document, une situation, dira, après un temps de réflexion : « C’est très particulier », ce qui, à proprement parler, ne signifie absolument rien.
Cet adjectif représente de nos jours le nec plus ultra du néant. Dire de quoi que ce soit que c’est particulier n’a pas de sens. Le langage du vide devient de plus en plus insupportable. Sur le site de la Cinémathèque française, une rétrospective de Guédiguian est ainsi présentée : « Avec ses dix-sept films réalisés à ce jour, Robert Guédiguian, révélé par le succès de Marius et Jeannette en 1997, est l’auteur d’une œuvre à la fois personnelle mais aussi particulière dans le cinéma français ». Avec ça, on est renseigné. Quelques lignes plus loin, l’excellent chroniqueur rempile : « Bref, c’est un endroit particulier où se vivent des choses universelles ». Impossible de s’exprimer d’une manière plus générale, donc plus vide, plus répétitive, donc plus idiote.
L’adverbe « actuellement » se tient bien, lui aussi. « Untel vit actuellement à tel endroit ». Certes. Pourquoi donc nous renseignerait-on sur l’adresse qui était celle d’Untel il y a dix ans ? « Où habitez-vous, actuellement ? », me demanda un jour un policier. C’était il y a de nombreuses années, et l’adverbe automatique sévissait déjà. « Il est en réunion actuellement ». Diantre, dire : « Il est en réunion » n’aurait sans doute pas suffi. Le mot maudit ne décote pas.
Les tics de langage m’ont toujours insupporté, mais ceux-là me mettent littéralement hors de moi. Je ne comprends pas qu’on puisse se laisser aller au parler commun sans recul, sans réflexion, sans distance, qu’on puisse aller répétant ce que tout le monde dit, sans ironie, sans désir d’autres chemins. Le panurgisme est haïssable.

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jeudi, 06 décembre 2012

Trois fois vingt ans

Il y a donc aujourd’hui soixante ans que ce monde me fait l’honneur de m’héberger et qu’il a le bon goût de ne pas exiger de moi le paiement d’un loyer. Encore qu’il me soit arrivé plus d’une fois de devoir régler en nature.

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jeudi, 22 novembre 2012

Un Janus jauni

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Ainsi donc, l’UMP se donne le ridicule public d’étaler ses dissensions, jalousies et rivalités. À son aise. Tant que se mangeront entre eux ces loups grotesques, on ne regrettera pas ce gaspillage de barbaque avariée. Car au vrai, qui imagine encore qu’il puisse exister, entre Copé et Fillon, la moindre différence authentique ? Ces deux hommes représentent les deux faces d’un Janus jauni dont nous ne voulons pas, les deux aspects des mêmes intérêts, qui ne sont pas les nôtres. L’un joue les provocateurs populistes et tente de séduire sur sa dextre par des sornettes et des vulgarités. L’autre se pose en bon élève sérieux, « gendre idéal » quoique un peu décrépit. La peste soit de ces gens comme de ceux qui les entourent, et que leur égo les étouffe.

Zundapp Janus, modèle 1958

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mercredi, 20 juin 2012

Jean-Marie Girardey, 1934-1971

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Pour la première fois depuis sa disparition en 1971, je trouve une photographie de Jean-Marie Girardey, ici durant l’année scolaire 1967-1968, au lycée Victor-Hugo de Marseille. On pourra lire, non loin, une « apostrophe insolite » que je lui avais consacrée. Jai aussi fait paraître un ouvrage, évidemment plus complet, au sujet duquel Sylvie Huguet a bien voulu rédiger un article.

Professeur de lettres, Girardey était aussi un grand joueur déchecs. Président du club lÉchiquier marseillais 1872, il était également président de la ligue déchecs de Provence FFE et vice-président de la fédération française des échecs FIDE – 3e région.

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mardi, 09 juin 2009

La léga-monnaie, par Martine Layani-Le Coz

Jamais nous n’avons connu l’heureux temps des pièces d’argent ou d’or. Bien sûr, tous n’en avaient pas. La création des assignats n’est qu’un souvenir de notre histoire. Et malgré l’imprimerie, la bourse restait plate. Depuis le siècle dernier, la vertu de l’argent ne cesse de cascader de dévaluation en dévaluation pour transformer le peu qui reste en transcriptions d’écritures. Le nerf de la paix est devenu fantôme.

Aujourd’hui, dès qu’un problème se pose, le gouvernement fait un projet de loi. Celui qui a la main sur le trésor n’est pas près de changer sa place.

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mercredi, 08 avril 2009

Coup gueule

Depuis un bon quart de siècle, on assiste à une disparition lente mais certaine de « de » et «  du ». Cela a dû commencer par le congé maladie et le congé maternité, se poursuivre par le congé longue durée. On a ensuite assisté à une révolution dans le domaine de la couture : la poche poitrine ; à une autre, dans l’automobile : le siège passager. Je veux bien que la langue évolue. Ce qui m’ennuie, c’est le fait de la dépouiller pour la réduire à son aspect utilitaire. C’est un peu l’anglo-saxonnerie de la langue française.

 

Aussi, allons jusqu’au bout. Que le commandant bord attende, pour décoller, l’autorisation de la tour contrôle. Que le chef rayon cesse de martyriser les employés magasins. Que les directions envoient des notes service.

 

Ce sera enfin l’âge or.

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mardi, 07 octobre 2008

Questions

En-dehors du fait que, régulièrement, on m’arrête dans la rue pour me demander l’heure, voici qu’un fait nouveau est apparu. Dans les couloirs de la Sorbonne, on vient en permanence me demander où se trouvent telle salle, tel amphithéâtre, tel bureau – la plupart du temps, je n’en sais rien, mais là n’est pas la question. Hier, trois étudiants en l’espace de trente secondes (je n’exagère pas) m’ont posé ces questions. Je me demande pourquoi. En fait, je le sais. La raison est la même que celle qui pousse les jeunes me croisant à me saluer avec déférence. J’ai les cheveux gris, je suis pour eux certainement professeur, à tout le moins quelqu’un à l’université. Étonnant comportement qui a, de plus, l’exécrable particularité de me rappeler que je n’ai plus leur âge. Enfin, c’est ce qu’ils croient. Hier, dans l’ascenseur de mon immeuble, j’ai convaincu sans peine une fillette de trois ans que j’avais le même âge qu’elle : la preuve, je portais un cartable pour aller à l’école.

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samedi, 27 septembre 2008

De mon journal de 2005

19 août

L’été se casse lentement. Il a passé une chemise de vent et s’est curieusement coiffé. Il lui arrive de pleurer pour ce qu’il pressent de son avenir. Les murs de son appartement de collines seront à repeindre l’an prochain. Il faudra aussi, au printemps, changer la moquette. Son souffle est moins ample, il respire à plus petites bouffées, s’économise. Il devient raisonnable. De pamphlétaire, il vire au feuilletoniste.

Sur le plateau du tourne-disques, un enregistrement de poèmes libertins du XVIe siècle. De magnifiques blasons. Ce qu’il ne fallait pas faire pour amener la belle au déduit, tout de même. C’est charmant – et quel talent ! Dans les verres, un bordeaux très honnête, sinon grand. Le pain s’ouvre sous le couteau, le fromage sent le fromage. Fichu pays de France…

Dans les sous-bois déjà, des morceaux d’or chutent gracieusement et forment au sol la litière des dieux. La fougère, cette barbe de trois jours des coteaux mal rasés, brunit rapidement. Il semble que les routes tortillonnent vers l’oubli. Sur le bas-côté, les gravillons et l’herbe folle ont scellé leurs destins.

23 août

Rien à faire, l’été s’obstine à s’éteindre. Il conserve une peau douce et quelques traits de mascara vert, mais une sueur froide a pris son front et le ceint d’abandon. Ses lauriers ternissent. Il semble qu’une main gigantesque l’attire sinistrement vers un gouffre sombre et qu’il n’ait guère le goût de résister. Le vent donne la parole au feuillage des chênes que leur seul nom de « vert » paraît garantir du naufrage. Leurs glands tombés s’embrument de vieillesse. Dans les branches, un bruit régulier signale la présence d’une bête invisible. Ce n’est pas un oiseau, peut-être un écureuil, cet enfant de rousseur aux yeux d’outre-monde. Sous le pas du promeneur, des feuilles mortes déjà craquent sensiblement, comme la mémoire d’une force enchaînée, éteinte. Les mûres ont noirci, mais pas toutes. Chaque journée en fera rougir puis foncer de nouvelles. Parfois, d’immenses ronces recourbées en protègent les grappes. Certains ronciers sont stériles. À quoi peut bien servir un roncier stérile ? Dans les pierriers, les ronces s’agrippent au temps qui passe.

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mardi, 29 juillet 2008

Ainsi parlait le paysage, 7

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Goujounac (Lot), juillet 2008

L'essence augmente, la foi diminue. Voilà le résultat.

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vendredi, 18 avril 2008

Ainsi parlait le paysage, 6

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Nous avions autrefois observé que, lorsque le paysage se mettait à parler, c’était le plus souvent pour exprimer une interdiction ou donner une consigne comminatoire. Voici une nouvelle trouvaille, pourtant située dans un pays réputé pour son hospitalité.

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lundi, 17 mars 2008

Pause de printemps

Le taulier part à la campagne pour un mois environ, pour raisons de santé. Ce lieu reste ouvert, les commentaires avec, s’il vous plaît d’en faire quelquefois.

Dans la mesure où il lui sera loisible de disposer d’internet, le taulier suivra tout cela avec attention.

La réouverture est prévue pour mi-avril, mais il se peut que de nouveaux textes soient publiés dans l’intervalle. Ne perdez pas l’adresse : ce lieu est le vôtre.

Amicalement.

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samedi, 08 mars 2008

Un mauvais exemple

Louis Poirier, professeur d’histoire et géographie au lycée Claude-Bernard à Paris, prend sa retraite en 1970 après trente-cinq ans de services (il avait commencé en 1935, au lycée Clémenceau de Nantes).

Julien Gracq, écrivain français, meurt en décembre 2007 à l’âge de quatre-vingt dix-sept ans, après avoir perçu sa retraite durant trente-sept ans.

Voilà l’exemple à ne pas suivre. Gracq est un mauvais Français. Il devait au contraire cotiser davantage et plus longtemps, et mourir dans les six mois suivant la fin de sa carrière. Sale fonctionnaire.

Qui plus est, c’était un écrivain. Un écrivain fonctionnaire ! Voilà bien la grande faute de ces gens-là. Il ne faut plus d’écrivains, c’est certain.

[En coulisses, Sarkozy au téléphone :

Allo, Darcos ? Supprime immédiatement l’enseignement des lettres, de l’histoire et de la philosophie. À Carla : Qu’est-ce qu’il a écrit, Julien Gratte, déjà ? Carla : Noces. Sarkozy : Ah oui. Quoi, Darcos ? Par quoi tu remplaces ça ? Euh… Attends… Voilà : énergie électrique et développement durable. Et tu appelles ça E2D2, d’accord ? Et puis aussi conception, industrialisation, risque et développement. Quoi ? CIRD, oui, c’est ça. Comment ? C’est de l’enseignement supérieur ? Ah zut. Carla, qu’est-ce que c’est, l’enseignement supérieur ? Supérieur à quoi ? Qu’est-ce que tu dis, Darcos ? Ah, ça dépend de Pécresse ? Écoute, tu vois ça avec elle, hein ? ]

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mercredi, 27 février 2008

Prendre conseil

Je suis allé hier au Panthéon conférer un moment avec Victor Hugo, ainsi qu’il m’arrive quelquefois, lorsque la petitesse du monde où nous vivons m’étouffe par trop.

Tout était silencieux. Il est rare que le Panthéon soit bruyant, c’est vrai. Devant l’auguste tombeau, je m’installai respectueusement.

Bonsoir, Maître.

Bonsoir, mon jeune ami. Des nouvelles du monde des vivants ?

L’horreur s’est emparée de la République. La liberté est en danger. L’immondice règne à l’Élysée. Maître, nous avons besoin de vous.

Non. Je ne puis rien faire. Contre Napoléon-le-Petit, j’ai déjà tonné depuis l’exil. Pour Napoléon-le-Médiocre, je ne me dérange pas.

Je n’insisterai donc pas. Puis-je faire quelque chose pour vous, Maître ?

Je demande une prière à toutes les âmes.

Je traversai la rue. À Saint-Étienne-du-Mont où eut lieu le service funèbre de Verlaine en janvier 1896, j’allai vers la chapelle de la Vierge, à l’entrée de laquelle sont enfouis les restes de Racine et de Pascal. Je priai longuement pour Victor Hugo.

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lundi, 25 février 2008

La charogne

La vulgarité s’étale aujourd’hui, s’épanouit, étend longuement ses jambes puis met les pieds sur la table avant de s’étirer en se balançant sur sa chaise. L’inculture est à la pointe du progrès, si l’on peut dire. Nous nageons dans l’inculture. La hargne et le mépris des m’as-tu vu sont au meilleur de leur forme. Les rodomontades succèdent aux roulements de mécaniques, le règne du petit est assuré pour cent ans, le nabot est roi, tout est médiocre. L’étalage de choses mal sues, mal digérées, de Courbet à Camus, par les princes du tape-à-l’œil et du sordide ennui va s’épanouissant tandis que, sur le papier glacé des magazines honteux à la quadrichromie clinquante, le derrière sans malice des chanteuses aphones s’épaissit sous le regard des brutes épaisses qui les désirent, on se demande pourquoi. Tout est bien en république de France, il n’y a rien de pourri, la pourriture est à la porte. À la porte des palais, mais du côté intérieur. La canaille n’entrera pas. « C’est la canaille / Eh bien j’en suis », disait la chanson. La canaille de luxe, elle, celle qui digère les fruits d’une mondialisation qui ne sert jamais que les mêmes intérêts, toujours les mêmes, la canaille de luxe, celle à la morgue adipeuse, dont les rides sont creusées dans la suffisance et l’égoïsme, la canaille de luxe, oui, est là, elle s’accroche et quand elle vient éructer dans la foule des salons ou des ports, s’en prenant à ces sales plébéiens d’agriculteurs ou de marins-pêcheurs, cette pourriture humaine encadrée de mercenaires à sa solde se permet de bomber le torse et de baver des insultes ou des défis. Il y a pitié à prendre des pauvres de nous. La scène internationale se gausse, puis s’interroge. Évidemment, chacun le sait, il est fou. Fou de sa propre personne, bourré de complexes, nerveux et agité. Une marionnette désarticulée. Il n’en revient pas d’être où il est, et que des conseillers poisseux viennent lustrer les parquets qu’il griffe de ses dents longues. Ah, la vipère, l’ordure, la puante charogne, la crapule. Sarkozy est un voyou inculte dont il faut débarrasser au plus vite les prés encore fertiles du pays de Victor Hugo.

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samedi, 16 février 2008

Un récent problème d’informatique

Je relaie cette information que m’a récemment adressée ma fille aînée. Elle est susceptible en effet d’intéresser les promeneurs de la rue Franklin.

 

 

Il y a six mois, j’ai changé ma version Chirac 2.0 pour la version Sarkozy 1.0 et j’ai noté que le programme a lancé une application inattendue appelée Maintenant-vous-allez-en-chier 1.0, qui a considérablement réduit les performances de mon processeur. Dans la notice, cette application n’était pourtant pas mentionnée.  

 

De plus, Sarkozy 1.0 s’installe dans tous les autres programmes et se lance automatiquement lors du lancement de n’importe quelle application, parasitant l’exécution de celle-ci.

 

Des applications telles que liberté-d-expression 8.9 ou Vivre-ensemble 3.2 ne fonctionnent plus.

 

De plus, des programmes occultes (virus ?)  nommés Paranoïa 11.5, Demagogy 7.0 et Autoritarism 9.5 se lancent  de temps en temps et soit plantent le système, soit font que Sarkozy 1.0 se comporte de façon totalement inattendue.

 

Je n’arrive pas à désinstaller ce programme, ce qui est très  embêtant, surtout quand j’essaie d’exécuter l’application Joie-de-vivre 8.2. Par exemple, la commande : /service-public.exe  ne fonctionne plus.

 

D’autres utilisateurs de Sarkozy 1.0 m’ont fait  part de l’existence d’applications telles que T’as-tes-papiers  version 6.0 et Allez-zou-charter-bamako version 3.4, liées à  l’utilisation de Sarkozy 1.0 sur certains processeurs.

 

J’envisage  de revenir à la version Chirac 2.0  que j’avais avant, mais cela a l’air très compliqué. Que faire ?

 

Un utilisateur démoralisé.

 

 

Réponse de la Hot-Line :

 

Votre plainte est très fréquente chez les utilisateurs de Sarkozy  1.0, mais elle est due le plus souvent à une erreur de conception de base.

Beaucoup d’utilisateurs passent de leur version Chirac 2.0 à Sarkozy 1.0 en pensant que Sarkozy 1.0 n’est qu’un programme d’utilitaires destiné à prolonger les fonctionnalités de Chirac  2.0. Pr. Il n’en est rien : Sarkozy 1.0 est bien  plus que cela, il  s’agit d’un SYSTÈME D’EXPLOITATION COMPLET, conçu pour gérer TOUTES  vos applications. Il est entendu que le retour à Chirac 2.0 est impossible.

 

Deux options s’offrent à vous :

 

– Vous décidez de conserver Sarkozy 1.0, et vous attendez cinq ans, au mieux, avant d’opter pour un système d’exploitation plus  satisfaisant et performant. Dans ce cas, en ce qui concerne les programmes Démagogy 7.0 ou Autoritarism 9.5, il faut savoir que ce sont des programmes d’ancienne génération utilisés sous le système Vichy.1940, qui aujourd’hui connaissent des problèmes de compatibilité.

 

Des mises à jour de République-Française bientôt téléchargeables devraient permettre de résoudre le problème.

 

Évitez cependant d’utiliser les touches Échap et Suppr trop souvent sous Sarkozy 1.0, car vous risquez de lancer des applications néfastes comme C:/matraque-dans-ta-gueule.exe ou C:/prison-ferme.exe. Pour éviter ces inconvénients, pensez à lancer régulièrement la commande C:/manifestation-de-soutien-ump.exe pour tenter de stabiliser quelque peu le système.

 

ATTENTION : il va sans dire que les  déceptions lors de l’utilisation de Sarkozy 1.0 risquent d’être  nombreuses.

 

- L’autre solution est une restauration d’une partie du système.

Il vous faudra assez prochainement télécharger le patch Vote-à-Gauche-aux-municipales pour récupérer une partie des fonctionnalités de votre ordinateur et en améliorer provisoirement  les performances.

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lundi, 04 février 2008

Pour paraître

L’immonde taulier prie les promeneurs de la rue Franklin de bien vouloir excuser l’état de saleté de la voie, qui n’a plus été balayée depuis longtemps. Une grève (pardon : un mouvement social) des services techniques en est la cause. Le nécessaire sera fait par la direction de la Voirie qui, dans l’attente, vous annonce la parution à venir du quatorzième volume des œuvres complètes du taulier : Règlement intérieur, un acte dindiscipline à lÉcole normale supérieure de jeunes filles de Fontenay-aux-Roses en 1961, essai, à paraître chez LHarmattan.

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dimanche, 06 janvier 2008

Le taulier cherche un éditeur sérieux

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samedi, 29 décembre 2007

Le taulier triste

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Sur cette photographie datant de décembre 1980, il y a vingt-sept ans de cela, je joue le rôle du taulier triste.

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vendredi, 16 novembre 2007

À la prochaine fois

Le taulier et la taulière s’absentent pour quelques jours. Ils s’en vont voir si le Lot, en novembre, s’est paré de rousseurs.

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mercredi, 31 octobre 2007

Des choses que j’abomine

Le roman historique.

La biographie romancée.

Les dialogues imaginaires (dont est peuplée la précédente).

Sarkozy.

L’idée reçue.

Le lieu commun.

Le cliché.

La paraphrase.

Les programmes de télévision (pas forcément la télévision).

Le panurgisme.

Le bruit.

Les personnes qui parlent très haut.

Le bavardage.

Le délayage.

Le sans-gêne.

Le vocabulaire limité (voir : Sarkozy).

Les conducteurs qui klaxonnent.

Les donneurs de leçons.

L’autorité (autre que morale).

La ringardise.

La platitude.

La délation.

Les sycophantes.

L’odeur de l’eau de Javel.

L’hypocrisie.

La lâcheté.

Le revirement.

Les personnes qui ne tiennent pas leurs engagements (99 % de la population).

Les collectionneurs malades.

Les acheteurs compulsifs.

La saleté.

Les personnes qui n’enlèvent pas leurs lunettes de soleil lorsqu’elles vous parlent.

Le sport sous toutes ses formes.

La mesquinerie.

Le téléphone.

L’inculture.

À présent, soyons honnête. Je suppose que tout être normalement constitué sera d’accord, a minima, avec cette liste, qu’il ne manquera pas de compléter selon ses propres détestations. J’imagine mal, en effet, quelqu’un me déclarant : « Vous savez, monsieur Layani, j’aime singulièrement la lâcheté » ou « Je raffole des hypocrites », ou bien encore « Je rêve d’être dénoncé ». Alors ? Quelles sont, de mon triste inventaire, les propositions de dégoût que chacun retiendra ?

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mercredi, 26 septembre 2007

Frapper plusieurs fois

J’avais dit que je parlerais d’autre chose mais, qui sait pourquoi, je repense encore à la Grande guerre.

Adoncques, l’armée prévenait la gendarmerie, laquelle dépêchait aussitôt deux pandores à la mairie. C’était le maire qui devait apprendre à ses administrés la mort au combat d’un des leurs. On imagine sans peine, en un temps où la France est encore très rurale, dans ces villages où tout le monde se connaît, l’impression que devait procurer l’arrivée des gendarmes se dirigeant vers la mairie. Et puis, ensuite, des champs où elles travaillaient parce que les hommes étaient tous partis, ou de chez elles où elles travaillaient encore parce que, de toute façon, elles ne faisaient que ça, ces mêmes femmes guettaient le maire. Il s’était habillé, avait noué une cravate et passé un veston, pris son chapeau juste pour pouvoir se découvrir. On imagine leurs respirations suspendues et le soulagement lorsqu’elles le voyaient, l’avis officiel à la main, passer devant chez elles et poursuivre son chemin. Et puis la douleur mêlée au soulagement quand il s’arrêtait devant la porte de la voisine, de l’amie, de cette autre femme que, de toute façon, elles connaissaient bien. On imagine ce que peut ressentir une femme qui sait que le maire va venir chez l’une ou chez l’autre et entend soudain frapper à son huis. On imagine le cœur des femmes qui ont déjà entendu frapper plusieurs fois.

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