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mardi, 16 octobre 2018

Pivot et sa mémoire

41MkqVk-l4L._SX195_.jpgParmi les ouvrages signés Pivot, La mémoire n’en fait qu’à sa tête est vraiment celui qu’il faut lire.[1] Plein de délicatesse, de retenue et d’humour, c’est un ensemble de textes brefs, de rêveries, de souvenirs qu’inspirent tout à trac à l’auteur certaines de ses lectures. Très beau livre, intéressant, souvent émouvant, qui fait s’esclaffer le lecteur à de nombreuses reprises. Y demeure, discret, le souci de l’âge et de la mort. Une belle pudeur s’y travestit souvent en ironie – voire en sympathique rosserie. La loufoquerie n’est pas absente : ainsi, sait-on que Pivot fut l’amant de Louise Labé ? Quel aveu !

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[1]. Bernard Pivot, La mémoire n’en fait qu’à sa tête, Albin Michel, 2017.

mercredi, 26 septembre 2018

Alexis le Grec

À la télévision, nous avons regardé, enregistré l’autre soir, le film de 1964, Zorba le Grec. Je l’avais vu autrefois, j’avais été formidablement déçu. Je l’ai été de nouveau. Du chef-d’œuvre de Kazantzaki, il reste l’anecdote. Je le savais, mon regard de soixante-six ans me l’a confirmé. Par ailleurs, le film est remarquablement cadré, tourné, monté. Anthony Quinn est prodigieux, toujours juste, généreux. Il demeure toutefois un gros problème de rythme. Je sais bien que le film date de 1964, mais c’était déjà non pas trop lent, mais pas assez vif. Il ne reste rien, non plus, de la dimension philosophique, voire métaphysique, de l’œuvre originale. Il est vrai qu’il n’était pas possible de la rendre au cinéma. Bref, c’est raté, malgré la distribution impeccable et la direction d’acteurs excellente. Le roman s’intitulait Alexis Zorba, le film, Zorba le Grec. C’est peut-être toute la différence.

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dimanche, 23 septembre 2018

Alex et son Guy

Le film d’Alex Lutz, Guy, est intelligent. Faux documentaire consacré à un chanteur de variétés imaginaire, long-métrage parfaitement monté aux allures de documentaire brut, non monté, justement, l’œuvre, nourrie de dialogues très justes, s’élève à une dimension humaine véritable. Les maquillages sont remarquables, les faux extraits d’émissions de télévision, censés être usés par le temps, aux couleurs passées, sont subtils.

Lutz, co-scénariste, réalisateur et acteur, a quarante ans, il est grimé pour en paraître soixante-quatorze. Drucker et Julien Clerc jouent leur propre rôle, ajoutant au film une série de mises en abyme. Impeccable en vérité, d’autant que touchant et sensible.

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Saisissant, non ?

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samedi, 15 septembre 2018

Redécouvrir Yvan Govar

Je redonne ici cette étude déjà proposée il y a quelque temps (2014), revue et complétée.

Une trop courte vie

Yvan Govar (24 août 1935-18 février 1988) est un cinéaste belge – son vrai nom est Yvan Govaerts, il est le fils du peintre Jean Govaerts et de Nelly Van Kelekom – qui a abandonné le cinéma après que ses sept films n’eurent pas connu le succès. Dans les années 50, il fut comédien et joua Racine ou Giraudoux. En 1954, au théâtre Colon, à Buenos-Aires, il interprète deux rôles (le créancier et l’homme sage) dans Le Livre de Christophe Colomb de Claudel, dans une mise en scène de Jean-Louis Barrault. Au Conservatoire national d’art dramatique de Paris, il rencontre Belmondo, Marielle, Rochefort et Annie Girardot. Selon Philippe Durant, biographe de Belmondo, Govar, à dix-huit ans, pesait cent-dix-huit kilos et mesurait un mètre quatre-vingt-cinq, ce qui devait faire de lui un impressionnant personnage. En 1953, La Revue théâtrale le présente comme un « tout jeune acteur auquel la stature, la voix, la présence en scène semblent promettre carrière dans ce que l’on appelle volontiers au répertoire les rondeurs ».

Il réalise son premier film, un moyen-métrage intitulé Nous n’irons plus au bois, dans lequel il joue lui-même, à l’âge de dix-neuf ans. Marié, un temps, à une actrice, Irène Tunc, qui fut Miss Côte-d’Azur puis Miss France, il tenta de se suicider à cause de ses infidélités. Plus tard, ils divorcèrent. Elle joua, entre autres, dans Les Aventuriers de Robert Enrico, dans Léon Morin, prêtre du grand Jean-Pierre Melville, et mourut dans un accident de la route à Versailles, en 1972. Elle s’était remariée avec Alain Cavalier qui, de nombreuses années après sa disparition, lui consacrera un film, Irène. Après 1965, Govar, découragé par le médiocre accueil réservé à ses réalisations, renonça définitivement à son art. En 1983, on le retrouve acteur dans un court-métrage de Richard Olivier, Le Buteur fantastique, une curiosité surréaliste, sans texte mais avec bruitages. Il est décédé à moins de cinquante-trois ans.

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Le cinéma de Govar

Ses films – les quatre disponibles en DVD – tous en noir et blanc, sont emplis de fausses pistes. Il y règne, sous l’apparence de films « de genre », en l’occurrence policiers, une atmosphère étrange, déroutante, intrigante. Un soir, par hasard en est un excellent exemple puisque l’on croit, tout au long du récit, se trouver dans une film résolument fantastique, avant de s’apercevoir, dans le dernier quart d’heure, qu’il s’agit d’un film d’espionnage tout ce qu’il y a de plus matériel, de plus concret, de plus réaliste.

L’écriture filmique de Govar recèle de nombreuses audaces, à tout le moins des originalités. Il n’est pas du tout académique. Le montage est toujours juste, le rythme à la fois lent et soutenu. Il engage de grands acteurs : Brasseur, Nicaud, Cuny, Simon, Servais, Marielle, Rouleau, Roquevert, Marie Dubois, Madeleine Robinson, Maria Pacôme, Annette Stroyberg, Jacqueline Maillan, Pascale Petit…

Dans Deux heures à tuer, son dernier film, le plus abouti, une œuvre étonnante car pleine de surprises, jouent aussi Jean-Roger Caussimon et Catherine Sauvage, l’adaptation et les dialogues formidables étant signés Bernard Dimey. Délicieux huis-clos aux rebondissements incessants, qui se déroule pratiquement en temps réel, Deux heures à tuer voit des acteurs se frotter l’un à l’autre avec une excellente verve. La distribution comprend des choses amusantes : Caussimon et Catherine Sauvage, qui se connaissent bien, forment un couple bourgeois déchiré et, par ailleurs, il était piquant de réunir Pierre Brasseur et Catherine Sauvage... qui fut à la ville Mme Brasseur. Govar témoigne ici de son aptitude à diriger sept personnages principaux – et une douzaine d’autres – dans un espace unique. Les déplacements, évidemment essentiels dans ce genre, sont fort bien réglés en un plaisant ballet, évoluant sous des éclairages toujours justes.

La Croix des vivants qui, lui, n’est pas un policier et dont le scénario est dû à Maurice Clavel et Alain Cavalier, est le développement de son moyen-métrage, Nous n’irons plus au bois. C’est un drame authentique, dans lequel Govar montre sa capacité à diriger de nombreux acteurs, à faire apparaître progressivement des personnages multiples. Cet homme tendre est aussi un démiurge. Le fait de reprendre une idée vieille de plusieurs années et de la développer est un signe certain d’authenticité : lorsqu’un artiste remet sur le métier un projet ancien, il y tient toujours et tente alors de donner le meilleur de lui-même.

L’adaptation de Que personne ne sorte ! est cosignée par Stanislas-André Steeman, d’après son roman. Il s’agit d’une série noire « pour rire », tout comme Les Tontons flingueurs de Lautner qui date de la même année ou Les Barbouzes, du même, qui sortit l’année suivante. Toutefois, La Métamorphose des cloportes de Granier-Deferre, un an plus tard encore, constituera un film bien supérieur à ces trois-là, plus fin, plus fouillé. Entre 1963 et 1965, dans le genre policier, le sous-genre du policier comique connaîtra une grande vogue. Ce style, que l’on peut ne pas apprécier, est ici bien traité car rythmé et monté avec vivacité. L’utilisation ironique de la musique ajoute à la cadence d’une œuvre qui n’est jamais vulgaire, comme c’est toujours le risque, dès qu’il y a parodie. La direction d’acteurs est parfaite, y compris dans les situations loufoques où les comédiens risquent toujours de se perdre.

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Le 45-tours de la bande originale dUn soir, par hasard

 En vidéo

Sous la houlette de l’association Belfilm et de Paul Geens, historien du cinéma et redécouvreur passionné, la firme belge Come and See avait entrepris la réalisation d’une intégrale Yvan Govar qui a tourné court, en 2009. Seuls quatre titres ont paru, quand un coffret de sept DVD était annoncé. On dispose donc aujourd’hui, uniquement, de La Croix des vivants, Que personne ne sorte ! (autre titre : La Dernière enquête de Wens), Un soir, par hasard et Deux heures à tuer, soit les œuvres des années 60. Les bonus sont curieux et c’est un choix de Geens : ils n’ont aucun rapport avec les films. Ce sont, au mieux, des courts-métrages concernant un des acteurs du film auquel ils ne se rapportent pas (sauf dans le cas de La Croix des vivants, dont le bonus est le moyen-métrage initial, ou bien dans celui d’Un soir, par hasard, qui est le court-métrage de Richard Olivier dont il a été question plus haut, dans lequel joue Govar). La restauration laisse à désirer : l’image est un peu terne, mais ce n’est pas catastrophique. Les bonus, toutefois, ne sont pas restaurés du tout. Dans cette intégrale regrettablement interrompue, ne sont finalement pas sortis les titres des années 50 : Le Toubib, médecin du gang (écrit, produit et réalisé par Govar, dans lequel Barbara est réputée avoir fait une très courte apparition en tant que figurante, mais, selon sa biographe Valérie Lehoux, il n’est pas certain qu’il s’agisse d’elle), Le Circuit de minuit et Y en a marre (autres titres : Ce soir on tue ou Le Gars d’Anvers, « un film mouvementé d’Yvan Govar, de style policier classique, émaillé des plus belles bagarres jamais réalisées à l’écran »)[1], qui ont cependant existé, autrefois, en VHS.

Chez Dailymotion, on trouve deux minutes du Toubib, médecin du gang, deux autres de Y en a marre, frustrantes séquences apéritives que ne suit malheureusement aucun repas. Du Circuit de minuit, rien n’est proposé.

En 2014, la firme Filmédia a ressorti, sous de nouvelles présentations, deux DVD, Que personne ne sorte ! et Deux heures à tuer, dont le contenu est parfaitement identique à l’édition de Come and See. Il n’est nullement indiqué qu’une suite sera donnée à cette réédition.

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Pascale Petit et Giani Esposito dans La Croix des vivants

Ce qu’on en a dit

Du Toubib, médecin du gang, les Cahiers du Cinéma écrivaient, en 1959 : « Un réalisateur odieux au service d’une méchante cause ». Rien de moins. Dans le même numéro, une notule expédiait Y en a marre sur le mode « marabout, bout de ficelle », en écrivant : « Y en a marre – marchandise – discontinue – continue donc – dont auquel – quel navet ! », ce qui, on le voit, est fort argumenté.

Longtemps plus tard, les livres de cinéma continuent d’affirmer sans la moindre explication : « Un soir par hasard d’Yvan Govar (…) relevait plus de la comédie boulevardière que de la SF ».[2] Ils parlent de « Y en a marre : ce film (…) est une coproduction franco-belge mise en scène par un réalisateur sans avenir, Yvan Govar ».[3] Pire encore, voici Yves Martin : « Zéro à Yvan Govar. Inaptitude = prétention. La Croix des vivants (1962), sous-produit mauriacien, vaudrait une bonne décharge de chevrotine ».[4] On aimerait savoir, mais on l’ignorera, pourquoi Martin se sent tout à coup des humeurs de chasseur.

Rien n’est insupportable comme ces critiques « au sentiment », rédigées à l’emporte-pièce, crachées sans explications, sans argumentaire aucun. Elles n’ont rien à voir avec le cinéma.

Il est heureux que d’autres auteurs pensent différemment : « Son souci semble avoir été de raconter, sans temps morts, des histoires à intrigues policières ou à suspense. Il ne méritait pas, pour autant, le discrédit dans lequel on l’a tenu. Car il avait un univers à lui, peuplé de personnages souvent en lutte contre un mauvais destin, un univers où le drame, sinon le mélodrame était l’élément dominant », écrit avec justesse Jacques Siclier, dix ans, malheureusement, après la mort du cinéaste.[5] Le Soir de Bruxelles affirme : « Yvan Govar (...) est l’oublié du ciné belge. Pourtant, dans les années 50, il fut le seul de nos réalisateurs, avec Jacques Feyder, à réussir dans le cinéma populaire français. Cet aventurier rabelaisien mit en scène des polars, des comédies ou des drames qui valaient les films d’Henri Decoin ou de Gilles Grangier. Govar avait le sens du rythme et de la narration et dirigeait excellemment des acteurs débutants ou des seconds rôles (...) qui donnaient à son œuvre une densité du quotidien compensant son manque de moyens financiers... (...) Scénarios vifs où le destin brise les protagonistes. Filmant dans les rues, Govar a capté l’air du temps (la poésie réaliste) des années 50. (...) Découvrez-le, vous serez surpris ».[6]

On sera étonné, en effet. À l’ambiance que perpétuaient Grangier, Decoin et autres réalisateurs de ce temps, Govar a ajouté, çà et là, un peu de surréalisme belge à la façon d’André Delvaux et même de Paul Delvaux (diaphane et irréelle, la cavalière de La Croix des vivants paraît sortir d’une de ses toiles, elle a le visage des femmes de Delvaux ; les personnages étranges de Deux heures à tuer, isolés dans une gare, évoquent aussi les thèmes du peintre, surtout dans les scènes se déroulant sur les quais). Cela se marie parfaitement avec le réalisme poétique. La séquence finale d’Un soir, par hasard, l’élimination du personnage joué par Servais, si elle est réaliste sur le plan du scénario, est cependant tournée dans une atmosphère nettement onirique.

On penserait presque que Govar a connu l’injuste destin de ses propres personnages : combat, échec sentimental et professionnel, mort précoce. Cette vision noire finit par s’imposer.

Objectivement, on comprend mal pourquoi ces films, peu nombreux, n’ont pas, en leur temps, connu le succès. Là comme ailleurs, il importe de combattre les idées reçues, de mettre le feu aux clichés et d’aller voir de quoi il s’agit. Ce cinéma est techniquement bon, les scénarios sont intéressants, l’humain n’est jamais perdu de vue et leur réalisateur est à l’évidence un artiste généreux.

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Catherine Sauvage et Jean-Roger Caussimon dans Deux heures à tuer

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[1]. Feuille d’avis de Neuchâtel du 4 août 1961.

[2]. Jean-Pierre Bouyxou et Roland Lethem, La Science-fiction au cinéma, Bourgois, 1971.

[3]. Michel Azzopardi, Le Temps des vamps, 1915-1965, cinquante ans de sex-appeal, L’Harmattan, 1997.

[4]. Yves Martin, Le Cinéma français, 1946-1966, un jeune homme au fil des vagues, Méréal, 1998.

[5]. Le Monde des 31 août et 1er septembre 1998.

[6]. Le Soir de Bruxelles du 16 décembre 1998.

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mardi, 21 août 2018

La taulière vous accueille

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Tarascon, 21 août 2018

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dimanche, 05 août 2018

Le dernier des Manouchian

En 2006, nous en parlions ici-même. Demeuraient alors deux survivants du groupe Manouchian, exterminé durant la Seconde guerre mondiale, et célébré par le chant sublime d’Aragon. Le dernier d’entre eux, Arsène Tchakarian, vient de disparaître à l’âge de cent-un ans.

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Photo Joël Saget

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samedi, 28 juillet 2018

Cartes et livres

À Tarascon, voici cet estivant entrant, accompagné de quatre adolescents, dans la librairie Lettres vives. Je l’entends demander à la libraire, le plus sérieusement du monde, si elle vend des cartes à jouer. Devant sa dénégation polie, il demande où il peut s’en procurer. Enfin, il insiste, parle de cartes « avec des variantes, des tarots »... Amusant.

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dimanche, 01 juillet 2018

De la poésie

À Cavaillon, se tenait en 2018 le deuxième minuscule (sic) marché de la poésie. Il n’était pas si minuscule que cela, d’ailleurs, même si, naturellement, il n’y avait aucune commune mesure avec celui de la place Saint-Sulpice, à Paris. Ce qui frappait, c’était la beauté des plaquettes, le soin apporté à leur réalisation : papier, typographie, illustrations. Certains petits livres étaient magnifiques. Mais voilà : on regardait, on feuilletait, on achetait des objets et, du contenu, rien n’était dit ou envisagé. Il semblerait que la poésie contemporaine se soit réfugiée dans des volumes minuscules et parfaits, qu’il ne serait même plus nécessaire de lire. Étrange conception de la réalité de la poésie. Ce qui est indispensable à l’homme, le tient debout et le forme, commence au-delà du texte. La poésie, c’est ce qui découle du poème et non le poème en soi. Dans cet ordre, des poèmes imprimés sur du papier journal peuvent être vitaux et point n’est besoin de plaquettes aux couvertures gaufrées. Mais les poèmes sur papier journal, personne ne les lit, les achète, moins encore. C’est bien ce que je disais : dans ces manifestations, les lecteurs acquièrent des objets (souvent assez chers). Les éditeurs de poésie sont devenus des ateliers de typographie souvent talentueux mais à côté du problème. Je dois préciser que je n’ai pas la solution au dit problème. Je ne donne pas de leçons, j’observe.

La poésie, aujourd’hui, se tiendrait-elle uniquement chez les très grands, les incontestables d’une part et les auteurs de ces belles plaquettes d’autre part ? Où est sa place ? Les très grands existent dans les diverses collections de poche, les inconnus dans des plaquettes introuvables. La poésie, ce n’est pas seulement le texte, disais-je, c’est davantage. L’impression sur de délicieux papiers, la délicatesse de certaines peintures illustrant les vers, ou dictées par eux, les tirages microscopiques ne suffisent pas à dire l’indicible, que les très grands, d’ailleurs, ont déjà dit.

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samedi, 30 juin 2018

Deux librairies encore

À Marseille, où toute promenade finit sur le Vieux-Port, j’avais coutume de me rendre chez Richaud, seule librairie ouverte le dimanche, à une époque où cela n’existait pas. On y trouvait beaucoup d’occasions. L’après-midi, le soleil inonde le quai du Port : il pénétrait abondamment dans la boutique, malgré la bâche baissée et les présentoirs extérieurs qui ne parvenaient pas à lui barrer la route. Je pensais à Baudelaire : « Quand, ainsi qu’un poète, il descend dans les villes, / Il ennoblit le sort des choses les plus viles, / Et s’introduit en roi, sans bruit et sans valets, / Dans tous les hôpitaux et dans tous les palais ». Et chez Richaud.

Richaud sera un jour victime d’un incendie, puis deviendra une carterie. On y vendait déjà cartes et souvenirs, mais des ouvrages demeuraient proposés au chaland. Ce sont évidemment eux qui ont été supprimés dans le nouveau magasin.

En remontant vers les Cinq-Avenues, La Touriale, 211, boulevard de la Libération, est un endroit qui m’évoque de nombreux souvenirs. Fondée en 1966, elle ferma en 1987 et, événement exceptionnel, rouvrit en 2008. Une librairie qui ressurgit au même endroit après vingt-et-un ans de fermeture, ce n’est pas courant.

Au vrai, la Touriale était une librairie-galerie, chose nouvelle au moment de l’ouverture, et le magasin d’aujourd’hui est une librairie « classique ». D’ailleurs, le lieu s’intitule réellement Bouquinerie des Cinq-Avenues mais il a conservé la bâche de naguère, où le nom prestigieux figure encore. L’assimilation se fait ainsi, tout naturellement, dans l’esprit des plus anciens. Pour les autres, il s’agit d’une librairie de quartier, ce qui est évidemment important et doit être soutenu.

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vendredi, 29 juin 2018

La Canebière, artère littéraire

Il existait à Marseille, sur la Canebière, quatre librairies anciennes et célèbres, toutes implantées du côté des numéros pairs de cette artère longue d’un kilomètre, qui descend voluptueusement vers la mer.

Flammarion était un temple. On n’allait pas acheter un livre, on allait « chez Flammarion » qui devenait un but en soi. Les deux entrées diamétralement opposées faisaient que, pour rejoindre la Canebière ou la rue Longue-des-Capucins, on traversait tout simplement la librairie, l’intégrant davantage ainsi encore dans la vie de la cité. Utiliser une librairie comme une voie de communication purement physique, matérielle, prouvait qu’on l’avait rendue vraiment nôtre, au quotidien.

L’immeuble comptait cinq étages de livres, chacun d’une surface considérable. Les murs étaient couverts de volumes du sol au plafond. Client ou promeneur, j’ai passé dans ce lieu un nombre d’heures incalculable et suis en quelque sorte devenu libraire par imprégnation. J’ai appris en observant, en notant visuellement, en photographiant mentalement, les rudiments d’un métier que j’exercerais plus tard, comme je l’ai raconté.[1] Éditeurs, collections, diffuseurs, rangement, production éditoriale, tout est entré par les yeux et s’est inscrit fermement en moi. Je crois que mes séjours chez Flammarion représenteraient au total, si l’on pouvait coller les heures bout à bout, plusieurs mois de mon existence. Je ne m’apaisais que là : toute adversité cédait aux portes de Flammarion. Le monde reprenait des couleurs, l’air devenait plus pur, l’amitié régnait sur terre, l’adolescence était enfin vivable, toutes les femmes souriaient, tous les hommes étaient sympathiques. Je pense que, du sous-sol au tout-dernier niveau, je connaissais le moindre recoin de ce paradis. Je ne me suis pas retrouvé, de toute ma vie, en telle osmose avec une librairie, même pas à Paris, chez Gibert, boulevard Saint-Michel, où le nombre d’étages et la surface de vente sont au moins aussi importants, peut-être davantage. La connivence surgit où elle veut.

Un buvard publicitaire, imprimé en vert sur fond blanc, indiquait (selon la typographie et l’alternance de capitales et de bas de casse, ce devait être dans les toutes premières années 60) : « Les librairies Flammarion / 54, La Canebière, 54 – Marseille / Grand choix de / livres classiques / Tous programmes / En exclusivité, un cahier de qualité / Le cahier vert ». Je ne sais pas ce que pouvait être ce cahier vert, mais c’était sûrement quelque chose de très bien…

En 1976, j’ai quitté Marseille. Y repassant de temps en temps, j’ai constaté la destinée amère de Flammarion, mon cher refuge. Alors que cette sorte de librairie créait une impression d’éternité, le sort de celle-ci fut abominable. Après sa disparition, décidée par l’éditeur (qui ferma de même ses autres magasins de Bordeaux, Paris ou Lyon), l’endroit fut, comment dire, « simplifié » – on y trouva moins de livres – et l’on y vendit aussi la presse. Cela s’appelait Le Temps de vivre et appartenait à Hachette. Puis les locaux devinrent ceux… de la police. Aux dernières nouvelles, c’était une boutique de vêtements – comme toujours, d’ailleurs : les librairies et les cafés qui ferment deviennent toujours des marchands d’habits ou des agences de banques. L’enseigne, maintenant, proclame : « Le 54, men, women, kids », et mes poings se serrent, mon cœur pleure, mon souvenir vomit, ma tête hurle. En 1987, toutefois, j’avais eu le plaisir de voir en vitrine, dans cet antre de ma jeunesse, mon premier ouvrage publié.

Un virus a certainement dû sévir. Lisant, en 2018, le livre écrit, conjointement avec sa fille Cécile, par Bernard Pivot, je m’amuse énormément en découvrant ces lignes : « La seule librairie qui a vraiment compté dans ma vie est la librairie Flammarion, aujourd’hui disparue, place Bellecour, à Lyon. Adolescent, puis jeune homme, entre les rayonnages où des millions et des millions de mots s’accumulaient, je promenais mon inquiète fragilité ».[2]

Sur la Canebière, ne demeure, au numéro 142, à l’angle de la rue Curiol, que Maupetit, que je ne parviens pas à reconnaître lorsque j’y entre. En 1998, le magasin a été racheté par Actes Sud, qui s’est ainsi offert une vitrine en haut de la célèbre artère. Maupetit avait ouvert en 1927. À l’image de nombre de ses confrères, il offrait autrefois un protège-livre, du reste fort laid parce que trop bariolé, portant cette mention : « Ce couvre-livre vous est offert par un membre du syndicat des libraires du Sud-Est ». Plus anciennement, un autre couvre-livre de « réclame » représentait un voilier faisant route vers le fort Saint-Jean. Au verso, on pouvait lire « Médecine / Droit / Littérature / Classiques / Neufs et occasion / Achat et vente / de bibliothèques / et lots de livres ».

Le papier à lettres de Maupetit (téléphone 59 71 77) était remarquable, en ceci qu’il présentait un en-tête interminable : « Nouveautés / littéraires, géographiques, scientifiques, etc. / Médecine, droit, marine / Ouvrages techniques / Chimie, électricité / Mécanique, automobilisme / Classiques neufs et d’occasion / Éditions de luxe / Ouvrages rares / Achat et vente / de livres neufs et d’occasion / Abonnements / à la lecture ». Ne manquait que l’âge du capitaine, ce qui, dans un port, est décevant. On retiendra toutefois que l’abonnement à la lecture – autrement dit le « club de livres » – existait alors couramment. Maupetit, à présent, est un nom, une appellation, et n’a plus rien à voir avec ce qui fut un des plus grands magasins de librairie de la ville.

Tacussel, fondé en 1883, ouvrit sur la Canebière en 1932 et y demeura jusqu’en 1989. En 1950, on lui dessina une devanture de céramique représentant des livres reliés. On pouvait lire : « Droit-Littérature-Sciences-Philosophie-Médecine-Classiques-Arts-Technologie » et, plus bas, « Publications Larousse-Cartes et guides-Livres pour la jeunesse-Fournitures scolaires-Souvenirs de Provence-Stylos des meilleures marques ». Tacussel existe toujours sur Internet et tient par ailleurs la librairie des Facultés, 191, boulevard Baille, fondée en 1977 et spécialisée en médecine et sciences. Comme Flammarion, Tacussel offrait un buvard, celui-là sur fond vert : « Un livre classique / s’achète… / s’échange… / se vend… / chez Tacussel / libraire / téléphone 59 40 04 / 88, La Canebière / où vous trouverez également / le plus grand assortiment d’articles pour écoliers. / Faites-vous inscrire pour recevoir gratuitement / notre catalogue de livres d’étrennes ». Disposition typographique, filets et marche suggèrent la fin des années 50 ou, de nouveau, les premières années 60.

Laffitte a fermé. Son héritière, Jeanne Laffitte, a ouvert en 1980 une autre boutique, Les Arcenaulx, cours d’Estienne d’Orves, mais dans un esprit un peu différent. Pas de surprise : la librairie offrait à ses clients un couvre-livre, dont le motif était identique à celui de Maupetit, bien que cadré différemment. Seule mention portée sur la face antérieure : « Librairie L. Laffitte / 156, La Canebière – Marseille », assortie d’un numéro de téléphone.

Outre qu’ils sont pleins de charme, ces papiers publicitaires, dont on ne peut qu’estimer la date, révèlent un temps – pas très éloigné – où toute communication passait par l’imprimerie. Comment, alors, faire connaître son activité autrement que par des tracts, prospectus, buvards, marque-pages, couvre-livres, en-têtes de lettre, calendriers de bureau, cartes et enveloppes ? Il existait même des imprimeries spécialisées, tirant en nombre des protège-livres dont elles se contentaient de changer l’intitulé, comme le montre l’exemple de Maupetit et de Laffitte.

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[1]. Jacques Layani, Rien n’existe qui ne soit un livre, L’Harmattan, 2014.

[2]. Bernard Pivot et Cécile Pivot, Lire !, Flammarion, 2018.

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mercredi, 27 juin 2018

Deux très bonnes librairies

À Salon-de-Provence, deux librairies, plus petites que L’Alinéa de Martigues, cependant fournies en livres et dont les choix sont intelligents, m’attirent. Le Grenier d’abondance, 38, rue Auguste-Moutin, a la particularité d’être tenu par des femmes, exclusivement, assez nombreuses, du reste, et par conséquent jamais ou presque jamais les mêmes, pour qui passe de loin en loin. La Portée des mots, 34-36, rue Kennedy, plus claire, plus lumineuse, propose d’autres choix tout aussi sensés. Ces deux endroits distants de peu, leurs fonds dissemblables et leur intérêt égal dans leur diversité, prouvent que la librairie est bien, le chaland achetât-il ou pas, un lieu de promenade, ce que j’ai toujours revendiqué.

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mardi, 26 juin 2018

Une très bonne librairie

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J’aime, à Martigues, la formidable librairie L’Alinéa, 12, rue Jean-Roque, dans le quartier Ferrières, vaste, lumineuse et bien fournie en ouvrages. Depuis que la tenue de stocks a atteint des proportions financièrement très difficiles à assumer, les meilleurs magasins de librairie se contentent de proposer un peu de tout, quelques livres sur tous les sujets, autant dire qu’on n’y trouve rien. L’Alinéa, bien au contraire, offre beaucoup de tout – disons : pas mal de tout – et c’est une excellente chose. Bien que située sur un seul niveau, la boutique, profonde et large, présente de très bons choix de volumes, nombreux, importants (notamment, le rayon consacré au livre et à ses évolutions). Plusieurs canapés, des fauteuils, parsèment l’endroit et, au rebours de beaucoup d’autres librairies où ils sont là pour remplir l’espace, n’occupent pas la place des livres.

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samedi, 16 juin 2018

Le taulier jette un œil

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Le taulier n'achète rien

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Le taulier n'est pas convaincu

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Le taulier est sceptique

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Le taulier est indécis

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Le taulier cherche désespérément

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jeudi, 14 juin 2018

Un autre sourire du taulier

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C'était à Nice (Alpes-Maritimes), le 14 juin 1965. La 2 CV de mon père était d'un bleu foncé dit « bleu ardoise ».

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mercredi, 13 juin 2018

Un sourire du taulier

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C'était à Sisteron (Alpes de Haute-Provence), le 7 juin 1965. La 2 CV de mon père était d'un bleu foncé dit « bleu ardoise ».

12:21 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 06 juin 2018

Une bonne bouille

À Orange où nous avons passé la journée, le taulier d’un café (un homme de mon âge, rondouillard, dégarni, souriant) me dit spontanément, cet après-midi, en me rendant la monnaie : « Vous avez une bonne bouille, comme on dit. Je ne sais pas pourquoi. Une bonne bouille ». Puis il s’éloigne tandis que je réponds « merci » et s’en va discuter avec un ami qui passait par là. Étrange. C’est la première fois qu’on me dit ce genre de chose. On m’en avait beaucoup dites, des paroles étonnantes, mais pas celle-là.

19:24 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 25 mai 2018

Une nouveauté de la taulière

Echo.jpgLa belle taulière vient de publier un bel ouvrage, L’Écho des murs, un récit biographique, chez Téraèdre. Avec une préface de Christine Delory-Momberger, professeur à l'université Paris 13. Que la nouvelle soit répandue dans toute la rue Franklin.

samedi, 24 mars 2018

L'imagination au pouvoir, suite

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Je l’avais dit dans une note du 30 avril 2017, j’ai toujours été en admiration devant l’imagination des éditeurs et des maquettistes. Ici, l’ami Derain sert la soupe à Stock et à J’ai lu. Dernièrement, s’est ajouté Julliard. Qui sera le suivant ?

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mercredi, 21 mars 2018

Encore un livre

Rom popu.jpgParu chez l’Harmattan, le nouveau livre du taulier, Romanciers populaires, André Caroff, Ian Fleming, Boileau-Narcejac, Jean-Claude Izzo. Vous étiez prévenus.

jeudi, 08 mars 2018

Cette fois, c’est la taulière

Avant l’été (on espère), la belle taulière frappera de nouveau avec la publication, chez Téraèdre, d’un récit biographique, L’Écho des murs. Cela vous fera oublier les habituelles parutions du taulier.

lundi, 26 février 2018

Pour paraître bientôt

Le taulier annonce la parution, chez l’Harmattan, sans doute dans le courant du mois de mars, de son nouvel ouvrage, le vingt-deuxième, Romanciers populaires, André Caroff, Ian Fleming, Boileau-Narcejac, Jean-Claude Izzo.

Avec ses excuses pour  une telle impudence.

lundi, 12 février 2018

Sac juridique

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Je viens de recevoir ceci, qui est amusant. Sans doute le saviez-vous déjà.

Un sac à procès plus rarement appelé sac de procès, était un sac en toile de jute, de chanvre ou en cuir qui était utilisé sous l’Ancien Régime, lors des affaires judiciaires, et qui contenait tous les éléments du dossier à des fins d’archivage.

Il contenait dépositions et requêtes ; copies signées des procureurs des pièces ; pièces à conviction.

Une fois l’affaire terminée, ces différentes pièces étaient rassemblées et suspendues dans le sac fixé par un crochet à un mur ou une poutre (d’où l’expression « une affaire pendante ») pour que les parchemins ne soient pas détruits par les rongeurs.

Ces sacs étaient placés dans le cabinet de l’avocat ou les greffes de chaque juridiction.

L’expression « l’affaire est dans le sac » signifiait que le dossier judiciaire était prêt et que l’ensemble des pièces était archivé dans le sac scellé. 

Pour l’audience, le sac était descendu et le procureur (avocat) pouvait plaider devant la cour et « vider son sac » en sortant les pièces nécessaires à sa plaidoirie.

L’avocat ou le procureur rusé qui savait bien exploiter toutes ces pièces est à l’origine de l’expression « avoir plus d’un tour dans son sac ».

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vendredi, 12 janvier 2018

Le taulier montre la voie

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Y a-t-il un avenir par-delà les eaux ? Un éditeur sérieux se tient-il sur l’autre rive ? Là-bas, la paix existe-t-elle ? Et l’amour ? Et la joie ?

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jeudi, 11 janvier 2018

Dates et édition

Les marchands de papier imprimé se frottent les mains une fois encore. 2018 marque le cinquantième anniversaire de mai 1968 et le centenaire de l’armistice de 1918. Des ouvrages ont déjà été publiés, certains, d’ailleurs, depuis l’année dernière. Il ne faut pas perdre de temps, occuper la place en attendant le déferlement éditorial.

Ce sera aussi le centenaire du cher Jean-Roger Caussimon… Pensez à lui.

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vendredi, 29 décembre 2017

Une si belle promesse

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La Promesse de l’aube, un film d’Éric Barbier d’après l’œuvre de Romain Gary. On oublie qu’il s’agit d’un remake, puisque Dassin, en 1971, avait déjà adapté le roman avec Mélina Mercouri dans le rôle de la mère.

Certes, Charlotte Gainsbourg « en fait des tonnes » comme a pu dire parfois la critique, mais peut-on être Nina Kacew sans en faire des tonnes, justement ? Au vrai, elle a raison, elle ne pouvait pas interpréter le rôle autrement. La distribution est excellente et l’on a fait un bon choix des acteurs interprétant Gary enfant puis jeune homme. Le passage à l’âge adulte se fait sans même que le spectateur s’en aperçoive. Le maquillage de tous les acteurs est bon, notamment dans les étapes du vieillissement.

Le réalisateur évite tous les pièges de la reconstitution, entre autres lors des combats aériens qu’il stylise avec intelligence. Il a de belles trouvailles, comme celle du général de Gaulle décorant Gary enfant, dans des images en noir et blanc au cadre réduit, comme si une réelle archive était insérée dans le film. Le rendu de la durée est très bon.

Seul défaut, l’usage d’un filtre jaune pour obtenir une lumière mordorée systématique, ce qui est regrettable.

lundi, 25 décembre 2017

Melville centenaire

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La bibliographie melvillienne s’est enrichie de deux ouvrages, en cette année du centenaire de l’artiste. Tous deux ont été publiés à l’automne.

Le livre d’Antoine de Baecque est un essai intéressant, à la fois biographique et thématique, bien écrit, abondamment illustré, intelligent. Celui de Bertrand Tessier est une biographie succincte, bien faite, rédigée sur un ton alerte, mais traitée trop rapidement.

Je ne comprends pas pourquoi il est dit, au dos de l’album illustré, que les livres consacrés à Melville sont peu nombreux. J’en possède dix-sept (dont deux rééditions, soit quinze ouvrages originaux), pour ne parler que de ceux écrits en français. Il en existe plusieurs dans différentes autres langues.

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