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dimanche, 21 mai 2017

Jean-Claude Izzo

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L’impudent taulier a fait paraître un article dans le n° 127 de la revue 813, qui vient de sortir. C’est un salut à l’excellent romancier et poète Jean-Claude Izzo.

jeudi, 18 mai 2017

Un nouveau livre du taulier

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Le taulier a honte. Il vient encore de se singulariser en faisant paraître Des journées insolites, un recueil de nouvelles sans intérêt. Veuillez l'excuser.

mercredi, 17 mai 2017

Gouvernement provisoire

Un gouvernement de droite, de droite et de droite. Le PS n’étant naturellement pas de gauche, le centre n’existant pas autrement que par la droite, il n’y a donc dans ce gouvernement, certes très provisoire, que des personnalités de droite. L’Éducation nationale est confiée à un directeur d’école de commerce, l’Intérieur au doyen du gouvernement, la Culture à une éditrice, c’est-à-dire à une commerçante (y a-t-il encore quelqu’un pour croire que l’édition a un rapport quelconque avec la culture ?), et le pitre Bayrou, qui n’avait bien sûr rien demandé, se retrouve à la Justice où, comme d’habitude, il ne fera rien.

Bref, le blanc-bec aux yeux vides (à part l’ambition, que lit-on dans son regard ? Rien.) a récompensé ses soutiens. Preuve éclatante que tout va continuer comme par le passé. L’ambitieux distribue des prébendes aux fidèles et écarte les femmes des postes importants. Quelle nouveauté !

Quand les cocus macroniens commenceront-ils à reconnaître que, décidément, ils ont cru en des mirages ?

19:34 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (8)

vendredi, 12 mai 2017

Eh bien, dansez maintenant

La Benne n’est pas passée, elle n’avait aucune chance de passer. J’ai voté blanc au deuxième tour.

Macron représente tout ce que je déteste ou presque. Il faut le coincer immédiatement. C’est d’ailleurs ce que veut faire la droite, il faut donc que nous le fassions à gauche. Est-ce que ce sera possible ? Je voudrais tant qu’il soit totalement bloqué, dans son action, par une cohabitation de gauche ! Malheureusement, je n’y crois pas beaucoup.

La Benne est contestée à présent dans son propre parti, ce qui est une bonne chose bien sûr (qu’ils se bouffent entre eux tant qu’ils voudront) et sa nièce, Pétain-La Benne, va prendre des vacances. Que de bonnes nouvelles !

L’ordure, le sournois Fillon a disparu de la scène publique, pourvu que ça dure.

Je pense que Mélenchon a raison de se présenter à Marseille, où il était en tête au premier tour. Pourquoi ne se présenterait-il pas dans une ville où il a des chances d’être élu ? Il est nécessaire qu’il siège à l’Assemblée nationale. On lui reproche de se présenter face à un socialiste. Eh bien ? Pourquoi ferait-il une fleur au PS qui s’est totalement déconsidéré, et ce depuis longtemps, et qu’il a lui-même quitté il y a déjà plusieurs années ?

Valls est en train de mourir politiquement, j’espère. Rejeté d’un côté, pas accepté de l’autre, il veut maintenant se présenter « en homme libre » dans « sa » circonscription. J’espère vraiment qu’il y recevra une raclée formidable et pourra enfin aller vendre des aspirateurs (des machines à coudre, des pommes de terre ou des pantalons, au choix). Ce sale type de droite qui se dit de gauche a inventé le concept de « gauche de gouvernement » qui ne veut rien dire, pour justifier sa propre position. Quelle saloperie !

Déjà, le consensus Macron-Bayrou s’effondre, quelques jours après l’élection. Tous ces guignols putrides prétendent vouloir moraliser la vie politique ! Cela dit, Macron va se faire tirer dans les pattes par Bayrou, tout au long des cinq années à venir. Bayrou ne représente rien, mais c’est pourtant lui qui a fait élire Macron (tout seul, il aurait représenté moins que rien).

Et voilà que, pour les élections législatives, la fille de Brigitte Macron, Tiphaine Auzière, est investie en tant que suppléante… Vive le changement de pratiques et de mentalité !

Le bal des cocus a commencé, l’orchestre s’est accordé. En piste, les déçus du macronisme.

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vendredi, 05 mai 2017

Vive la parité

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Le père Chirac et son équipe, au soir du 21 avril 2002. Vive la parité.

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dimanche, 30 avril 2017

L'imagination au pouvoir

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J’ai toujours été en admiration devant l’imagination des éditeurs et des maquettistes. Ici, l’ami Derain sert la soupe à Stock et à J’ai lu. Et je ne parle pas de Hopper, dont les œuvres – la plupart du temps, les mêmes – se sont retrouvées par dizaines en couverture des livres les plus divers.$_12.JPG

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samedi, 29 avril 2017

Sus à la médiocrité

Ainsi, Dupont-Aignan, que quelques naïfs pouvaient encore croire honnête, vient de faire connaître le prix auquel on pouvait l’acheter. Il n’était pas très élevé : un portefeuille de Premier ministre. Eh bien voilà, il suffisait de le dire.

Ce faisant, il commet une erreur magistrale. Il se déconsidère totalement aux yeux de son propre camp comme à ceux de ses électeurs. D’avance, il a tout perdu, il n’existe plus. Elle, la mère La Benne, en commet une autre : elle avoue ainsi publiquement qu’elle avait besoin des voix de Dupont-Aignan – qui ne se reporteront pas forcément sur sa candidature, en tout cas pas toutes – et surtout, qu’elle ne disposait de personne, dans ses propres rangs, pour occuper le poste en question. Faute de commerce de proximité, elle est allée s’approvisionner au supermarché.

Dupont-Aignant, sans doute, avait besoin d’un parti pouvant prendre en charge ses frais de campagne qui ne lui seront pas totalement remboursés. Le ridicule n’ayant, on le sait, pas de bornes, il ose dire qu’il ne s’agit pas pour lui d’un ralliement, que son mouvement demeurera. Lui, restera indépendant. Il prend vraiment les Français pour des crétins. C’est habituel mais, à ce point, cela devient indécent : il dirigerait un gouvernement en étant indépendant ?

Avec leurs minables arrangements, ces deux personnages, sinistres d’entre les sinistres qui, précisément, disaient condamner ce type de cuisine, rendent publique leur totale incompétence. Heureusement, ils courent au désastre.

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dimanche, 16 avril 2017

Et puis Melville

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Cette année, Jean-Pierre Melville aurait eu cent ans.

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samedi, 15 avril 2017

Les temps ont bien changé

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La Dépêche du 19 novembre 1965

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vendredi, 14 avril 2017

Le taulier a encore frappé

À paraître chez l’Harmattan, sans doute dans le courant du mois de mai, un bref recueil de nouvelles un peu fantastiques, Des journées insolites. Veuillez excuser le taulier d’encore se manifester. Son outrecuidance est pénible.

samedi, 08 avril 2017

Le taulier et la taulière vous saluent de Marseille

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mercredi, 29 mars 2017

Valls soutient qui, déjà ?

On savait que Valls était une crapule. On ne s’étonnera pas de découvrir qu’il est une ordure.

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vendredi, 17 mars 2017

Il faut bien en convenir

On dira encore que je mens, que jexagère, que je me moque du monde, que je ne sais plus quinventer ou que je vois mal, mais il faut en convenir : à Beaucaire (Gard), les femmes ont quatre jambes.

Beaucaire, 17 mars 2017 (9).JPG

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La corruption s’habille comme il faut

Empêtré dans ses histoires de costumes – pourtant coupés sur mesures – et en attendant qu’on trouve à lui reprocher des questions de chaussettes, François-le-Corrompu persiste à croire qu’il sera élu et à donner des leçons de probité à tout le monde. Cette crapule absolue doit impérativement être éliminée dès le premier tour. C’est un danger public, assurément pire que la mère La Benne dont on sait au moins qu’elle est vulgaire. Lui, paraît distingué (quoique de moins en moins) et de cela, il faut se méfier. La crapulerie sait porter des vestons bien coupés.

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jeudi, 16 mars 2017

Prétention

Dire aussi ceci, qui m’amuse infiniment. À notre retour, hier, je m’aperçois qu’une minuscule araignée s’est glissée sur ma table, entre une feuille de papier blanc et ma loupe. Sous la loupe, donc, l’insecte, bien que grossi, demeurait de proportions ridicules. J’ai beaucoup ri, pensant à La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf et, partant, à l’ami La Fontaine qui nous eût à coup sûr conté cette fable, La Loupe et l’araignée.

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vendredi, 10 mars 2017

Amitié

Ce texte a été écrit en 1982.

L’amitié est un roman d’amour détourné. Une amitié qui tourne court est une nouvelle ratée.

Je sais des amis qui se taisent longtemps et qui, de quinze-cents kilomètres plus loin, vous envoient de temps à autre un mot qui vous parle d’eux.

Je sais des amis qui vous glissent entre les doigts comme un savon.

Je sais des amis qu’on oublie parce qu’on les a ratés.

Je sais des amis qu’on croyait, qu’on a cru être tels et dont la présence était tellement chaude qu’elle vous a brûlé.

Je sais des amis qui devaient être liquides, puisqu’ils se sont évaporés.

Je sais des amis insupportables, qui n’ont jamais été à l’heure une seule fois durant de nombreuses années.

Je sais des amis qui, avec le temps, ont pu évoluer autrement que vous, si bien que le sentiment s’est égaré en utilisant une carte qui n’était pas à jour et ne signalait pas les déviations.

Je sais des amis teinturiers qui vous nettoient à sec, ce qui fait mal mais vaut peut-être mieux que de vous passer la brosse à reluire.

Je sais des amis marque-page, que l’on retrouve au détour de son livre intime.

Je sais des amis qui trouvent normal de partir un jour avec votre femme.

Je sais des amis qu’on rêve et qu’on ne trouvera pas.

Je sais des amis qui n’ont pas eu le temps de le devenir et des amis que le temps a fait devenir autre chose (autre chose qu’eux-mêmes, parfois).

Je sais des amis impitoyables, qui vous moquent sans cesse et vous bousculent pour vous faire vous rendre compte de votre laisser-aller.

Je sais des amis qu’on oublie parce qu’ils ne sont pas des amis.

Je sais des amis qui ne sont pas du même milieu que vous, que tout oppose à vous et qui pourtant sont chauds en certaines circonstances.

Je sais des amis qui donnent et des amis qui prennent, de ceux-là surtout.

Je sais des amis qui vous donneraient leur chemise et d’autres qui prendraient votre pantalon.

Je sais des amis qui ne sont plus que des photographies datées dans un album.

Je sais que l’amitié est louche et je finis par croire que, contrairement à la légende, elle est aussi éphémère que l’amour.

Ces amitiés mourantes dont on s’obstine à vouloir tirer quelque chose ressemblent à ces tubes de dentifrice quasiment vides qu’on n’en finit pas de presser et de tordre et qui finissent par mourir tristement au fond d’un verre à dents taché.

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mardi, 07 mars 2017

Le menteur sournois

Fillon est un menteur.

Il a menti en disant que la journaliste anglaise qui avait interviewé sa femme il y a dix ans s’était rapprochée d’elle à la suite de la rediffusion télévisée d’il y a quelque temps pour lui dire combien elle était dégoûtée de l’usage qu’on faisait de son film. C’était faux, elle l’a elle-même démenti : « Facts, Mr Fillon, facts ! » a-t-elle conclu.

Il a menti en disant qu’il avait obtenu quatre millions de voix lors de la primaire de la droite. Comme si tous les votants s’étaient exprimés en sa faveur.

Il a menti en disant que les médias avaient annoncé le suicide de son épouse et que c’était révoltant. Il n’a pas été possible de retrouver la moindre trace de cette supposée fausse information. La fausse information, c’est lui qui la crée.

Fillon est un menteur sournois. Il était sournois lorsqu’il était ministre des Affaires sociales. Il était sournois lorsqu’il était Premier ministre.

Fillon n’existe pas. Il était mort politiquement du temps de Sarkozy, il est mort politiquement aujourd’hui.

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dimanche, 05 mars 2017

Nous prendrait-on pour des imbéciles ?

Nous prendrait-on pour des imbéciles ?

Oh non, je n’ose le croire. C’est une pure coïncidence. Mme Fillon, qui se taisait obstinément depuis plusieurs semaines, vient aujourd’hui s’exprimer dans Le Journal du dimanche, du groupe Lagardère, pour tenir des propos manifestement récités : une leçon préparée par les responsables de la communication de son époux. Elle raconte le contraire de ce qu’elle disait il y a dix ans dans l’interview télévisée rediffusée il y a peu. Elle appuie sur le fait que seul son mari a un projet pour la France et se trouve à même de redresser la situation, bref, elle répète ce qu’il dit, elle ânonne, même. Et ce monument d’hypocrisie est publié aujourd’hui, quelques heures avant la manifestation prévue au Trocadéro, qui va rassembler – sous une pluie importante – le dernier bastion de l’imbécillité militante, conduite par la crapulerie populiste.

Rappelons qu’une contre-manifestation se tiendra en même temps à la République, avec pour mot d’ordre la dénonciation de la corruption des élus.

Dehors, Mme Fillon. Sous la pluie, avec les sbires de votre malencontreux mari. Dehors. Et ne revenez pas.

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samedi, 04 mars 2017

Les raisins verts sont devenus noirs

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Je salue la mémoire de Jean-Christophe Averty, homme inventif et généreux, imaginatif et courageux. Il fut un temps où radio et télévision ne pouvaient être assimilées à l’excrémentiel.

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Fou de rage

Et si, tout simplement, Fillon était devenu fou ? Fou de rage et de désespoir de voir le pouvoir – encore plus de pouvoir, encore plus d’argent et d’avantages – lui échapper ? On peut se le demander. En tout cas, son comportement est suicidaire. Cela étant, je ne vois aucun inconvénient à ce qu’il veuille se suicider.

Depuis que la politique est considérée comme une carrière et non plus comme un dévouement à la République, voire un sacerdoce (cela a-t-il seulement existé ?), les anciens Premiers ministres imaginent que devenir président de la République est un droit. Eh bien non, ce n’en est pas un, et il n’existe pas de carrière toute tracée. Tous les Premiers ministres, dans l’histoire de la Ve République, ont été battus lorsqu’ils se sont présentés à l’élection présidentielle. Sans exception. Pompidou fut élu, certes, mais après avoir cessé d’être Premier ministre et encore, ce fut à la suite de la démission du Général et en « surfant », comme on ne disait pas encore, sur la vague de son héritage (« le changement dans la continuité », avait-il pour slogan). Chirac le fut aussi, mais plusieurs années après avoir été Premier ministre de Giscard puis de Mitterrand. Et s’il fut réélu, ce fut avec les voix de ses adversaires. Pour chacun des deux hommes, ce fut affaire de circonstances, de contexte. Rien de tel aujourd’hui.

Il n’est pas de droit à devenir président de la République. Aucune obligation, aucune loi morale ou politique, aucune conséquence logique, inéluctable.

Dehors, le fou Fillon.

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jeudi, 02 mars 2017

La tristesse de ce temps

Ainsi donc, le totalement déconsidéré sieur Fillon, lâché par de plus en plus de ses soutiens, compte à présent s’appuyer sur une manifestation prévue dimanche au Trocadéro. Ce rassemblement est dirigé contre les juges. C’est ahurissant et beaucoup de personnalités de droite s’en démarquent d’ailleurs, corrigeant « contre les juges » en « de soutien à Fillon ». Cette attitude ne s’est jamais vue et comporte d’extrêmes dangers. Fillon, en se posant – puisque, ne pouvant répondre sur le fond, c’est sa seule manière de se défendre – en victime de la presse, du pouvoir, de la justice, des méchants, de la gauche et du menuisier du coin, s’enferre, s’embourbe, s’enlise même. La presse étrangère est consternée et la France caricaturée par l’entêtement imbécile de celui qui, s’il venait par malheur à être élu, n’aurait à l’évidence plus aucun poids sur la scène internationale d’une part, et serait source de désordre permanent dans le pays d’autre part.

En annonçant qu’il se rendra, le 15 mars, à la convocation des juges, il estime qu’ainsi, il ne sera pas fait d’amalgame entre Marine La Benne et lui. C’est dire assez qu’il eût été capable, autrement, de ne pas se présenter. Il n’a pas à craindre l’amalgame mais l’identification : d’une benne à une ordure, il n’y a que la différence qui existe entre le contenant et le contenu, mais tous deux vont l’amble.

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dimanche, 26 février 2017

Clay conteur

Quand Philippe Clay publie ses souvenirs en 1980, « ce n’est pas triste », comme on dit. Il ne s’agit nullement de ses mémoires de comédien et de chanteur, mais uniquement de son adolescence – entre douze et vingt ans – chahutée et accélérée par la guerre : le récit tient en huit années, de 1939 à 1947.51d9RPg3NpL._SX314_BO1,204,203,200_.jpg

Clay a un véritable talent de conteur. Les épisodes qu’il narre dépassent le cadre d’anecdotes pour acquérir le statut enviable de scènes. Le ton est toujours juste, le souffle maîtrisé, le rythme exact.

C’est un livre très humain, souvent émouvant, toujours sincère, où l’on s’esclaffe régulièrement. Quant aux dernières pages, dans lesquelles l’auteur met en scène son redoutable ami Jacques, étudiant en médecine, elles sont inénarrables, mêlant le rire et la stupéfaction.

Philippe Clay, Mes universités, Laffont, 1980.

samedi, 25 février 2017

La Virevolte par Nancy Huston

Cette note de lecture a été rédigée en 1994.

Une danseuse professionnelle abandonne un jour ses deux filles pour se donner à son métier et parce qu’elle ne peut plus nier sa vérité intérieure, c’est l’argument, très résumé, de La Virevolte, par Nancy Huston, écrivain d’origine canadienne, qui a choisi d’écrire en français depuis de nombreuses années.

la-virevolte-159849-264-432.jpgBien sûr, ce n’est pas tout. Ce roman est avant tout l’expression réussie de plusieurs sensibilités féminines, celle de Lin, la danseuse ; de son amie Rachel ; de ses filles, Angela et Marina, surtout. Et aussi, celle de l’amour difficile, aussi bien entre Lin et son mari Derek, qu’entre Rachel et Sean. D’autres personnages, certaines destinées se croisent autrement et Nijinski et Isadora Duncan passent en songe. Une sensualité extrême parcourt le texte, avec comme un appel constant vers la lumière, un envol permanent d’un mal de vivre à l’autre.

Nancy Huston, dans ce livre qu’il convient de savourer à petits coups ambrés, odorants, opte pour une écriture narrative qui répond à un double mouvement. La structure classique, linéaire, de la phrase éclate parfois pour devenir une mise en forme déstructurée qui, de loin en loin, aligne la prose sur la poésie, aboutissant à des retours à la ligne, à la suppression de la ponctuation et, tout particulièrement, du point final. Ce qui s’interprète aussi comme une « mise en danse » de l’écriture, une chorégraphie. Comme l’expression typographique (disposition) et syntaxique (langue et écriture) de l’évolution du personnage. À aucun moment, cette méthode n’entache le sens immédiat d’un récit qui n’a rien d’abscons. Tout au plus pourrait-on lui reprocher une durée assez peu maîtrisée : on a peine à croire que tant d’années s’écoulent dans le temps du roman ; mais ce défaut « technique » ne nuit pas réellement au sentiment brûlant, voire au malaise que peut éprouver le lecteur devant un sujet tabou, alors que l’auteur ne porte aucun jugement, jamais. Elle présente avec une immense sincérité des écorchures aux guérisons contradictoires. Et l’éternelle patience des femmes, face à la vie, face au désir, face à leur accomplissement souvent bâti sur des décombres. D’une mère à sa fille, d’une fille à la sienne, se transmet le même mystérieux secret : le langage de l’eau.

Nancy Huston, La Virevolte, roman, Actes Sud, 1994.

samedi, 11 février 2017

L'obstiné ridicule

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Ainsi donc, l’homme qui, il y a quelques jours encore, demandait à être entendu au plus vite par le parquet national financier, conteste aujourd’hui, par la voix de ses avocats, la compétence de celui-ci. L’homme qui demandait à ses amis de le soutenir durant quinze jours fait à présent ce qu’il peut pour faire traîner la procédure en cours. L’homme qui est incapable de fournir la moindre preuve d’un travail réellement effectué par son épouse – sans quoi cela serait fait depuis longtemps – se défend en invoquant un complot médiatique. Le reste à l’avenant : la journaliste anglaise, auteur de l’interview de sa femme effectuée il y a dix ans, se serait rapprochée d’elle pour lui dire combien elle était choquée de l’utilisation qui avait été faite par la télévision de l’archive filmée correspondante, ce que l’intéressée a immédiatement démenti ; l’homme présente des excuses alors qu’il assure n’avoir rien fait de répréhensible. Son propre parti le soutient du bout des lèvres et certains de ses membres, pas du tout – ou bien en déplorant sa manière de se défendre. Totalement discrédité, l’homme s’acharne, s’obstine et se ridiculise. Il tente de gagner du temps, une éventuelle élection devant lui assurer cinq années d’immunité. Mais il est déjà trop tard. En toute logique, il ne devrait pas être présent au second tour ou ce serait à n’y rien comprendre. Son entêtement est suicidaire. Quelle est la différence entre François Villon et François Fillon ? Tous deux sont voleurs, un seul est poète. À y bien réfléchir, il en est une autre : depuis le XVe siècle, on se souvient de Villon.

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mardi, 17 janvier 2017

Lombard plaide ailleurs désormais

cxcxc.jpgPaul Lombard est décédé le 15 janvier. Il aurait eu quatre-vingt dix ans le mois prochain. Il se disait « deux tiers Marseillais, deux tiers Parisien », selon la logique de César dans Marius de Pagnol où, chacun le sait, « ça dépend de la grosseur des tiers ».

Je l’avais rencontré brièvement, en 2001, lorsque je préparais la biographie d’Albertine Sarrazin. C’était un homme de grande classe, de grande culture, un séducteur et, naturellement, un avocat de grand talent, célèbre. Je revois son cabinet, et aussi le vestibule de son appartement, près du Sénat. Il était aussi écrivain. Je lui avais fait parvenir mon livre, il m’avait adressé en retour une élégante lettre. Bonsoir, maître.

mercredi, 21 décembre 2016

Madame

La grande Michèle Morgan est décédée le 20 décembre 2016. Un article fielleux du Monde.fr relativise sa gloire et son aura. Comme le font remarquer plusieurs commentateurs, son auteur ne doit pas avoir entendu parler des Orgueilleux, du Miroir à deux faces, ni de Fortunat. Ne retiendrait-on que ces trois œuvres, cela serait déjà bien.

Dans Les Orgueilleux (Yves Allégret, 1953), elle partage l’affiche avec Gérard Philipe, bouleversant, littéralement somptueux. Bien qu’il ne soit pas crédité au générique, le scénario est de Sartre. Une scène d’un érotisme inimaginable en 1953 et encore aujourd’hui très « chaude » montre combien elle était animale, il n’y a pas d’autre mot. Dans Le Miroir à deux faces (André Cayatte, 1958), elle est l’épouse d’un Bourvil jouant un personnage odieux et malheureux. Et elle, beauté entre les beautés, avait accepté d’être enlaidie pour le rôle, ce qui n’avait rien d’évident. Dans Fortunat (Alex Joffé, 1960), elle est de nouveau en compagnie de Bourvil, un Bourvil extraordinaire pour un film profondément humain. Alors, plutôt que de nous seriner la réplique mondialement connue de Quai des Brumes qui a d’ailleurs vieilli, qu’on aille voir ces films-là, au moins ceux-là.

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vendredi, 16 décembre 2016

Videz-le

images.jpgAinsi donc, Valls est en campagne. S’il pouvait s’y perdre…

Ce sinistre personnage, prétentieux et brusque, est en train de promettre et de dire tout et le contraire de tout, puisque l’important est d’être élu ou, pour le moment, d’être désigné lors de la primaire comme le candidat du parti dit socialiste. Ce qu’il ne sera évidemment pas.

Comment peut-il annoncer qu’il va proposer la suppression de l’article 49-3 (il faut pour cela une modification de la Constitution qu’il n’obtiendra pas puisqu’il ne pourra réunir à cet effet la majorité requise), article qu’il a utilisé lui-même pas moins de six fois en quelques misérables années de gouvernement ? Quel est cet homme jeune déjà capable de toutes les contorsions et de tous les léchages de bottes afin de parvenir à ses fins ?

En résumé, comment peut-on être Valls ?

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samedi, 10 décembre 2016

Commémorations nationales 2017

Le recueil annuel des Commémorations nationales, que publie le ministère de la Culture et de la Communication, vient de paraître. Toujours aussi luxueux, magnifiquement illustré – la photogravure est de qualité –, imprimé en République tchèque (!), il recense les anniversaires « labellisés » pour 2017. Un bref article m’avait été demandé il y a quelques mois par les services du ministère, pour le cinquantième anniversaire du décès d’Albertine Sarrazin. Le nombre de caractères était très limité et ce fut un exercice intéressant. À ce propos, j’ai lu plusieurs notices concernant des personnalités ou des événements sur lesquels je pense avoir quelques modestes lumières et j’ai été frappé par la justesse de tous ces textes. Précision et concision sont les mots qui s’imposent. En cela, la contrainte, on le sait, est source de richesse.

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dimanche, 04 décembre 2016

L’emblème du film fantastique français

f1940905829237fa9.jpgD’après un roman de Jean Redon paru au Fleuve Noir, adapté par le tandem Boileau-Narcejac et Claude Sautet dans un noir et blanc magnifique, avec des éclairages précis, un montage parfait, une interprétation sans égale, ce sont Les Yeux sans visage. Si le film de Franju (1960) a malheureusement un peu vieilli dans ses derniers moments, notamment lors de l’enquête policière – le scénario, très solide, peine alors un peu, fort peu, mais suffisamment pour que notre regard de 2016 s’en aperçoive –, ce n’est pas très important. L’œuvre relève du fantastique, qui n’est pas le genre le plus représenté dans le cinéma français. Elle n’en est que plus remarquable. Un article pertinent est à lire ici.f1940905829237fa9a7a8494821dced5.jpg

jeudi, 27 octobre 2016

La Femme de paille

La Femme de paille (1964) a tenu le coup. Réalisé par Basil Dearden, le film Woman of straw est sorti la même année que Goldfinger et, avec mes parents, nous l’avions vu à Marseille, peu après. Sean Connery joue ici un rôle aux antipodes de celui de 007. On y voit Gina Lollobrigida, dont la fougue italienne joue des contrastes face aux personnages anglais. Magnifique bande sonore (Beethoven, Berlioz, Mozart, Rimski-Korsakov) qui, de plus, se rapporte au sujet du film. Des décors somptueux ajoutent au propos. Et le personnage de l’oncle ! Il faut le découvrir car il n’est pas racontable.

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Évidemment, l’emploi de « découvertes » est devenu impossible aujourd’hui, mais c’était l’usage, la façon de faire. À part cela, La Femme de paille est une belle leçon de cinéma. Filmage impeccable, montage parfait, plans toujours justes, belle direction d’acteurs, bon dialogue… D’après le livre de Catherine Arley, grande dame du roman noir.

jeudi, 29 septembre 2016

Mieux vaut de ris que de larmes écrire

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Cet article du Monde vaut, me semble-t-il, son pesant de moutarde, bien que son sujet me rende triste.

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