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mardi, 27 novembre 2007

Encore une signature

Pour un nouveau référendum sur le prochain Traité européen dit « simplifié », une pétition encore…

 

http://referendumeurope2007.free.fr/

19:10 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 23 novembre 2007

Des livres de notre temps

Je ne veux pas parler ici des ouvrages que je considère comme des boîtes de chocolats, calamités dont j’ai déjà entretenu les promeneurs de la rue Franklin. L’âge d’or annuel de ces cochonneries est en train de renaître, à l’approche de cette sinistre période dite des « fêtes » de fin d’année, ce moment durant lequel l’intelligence, en veilleuse depuis des décennies – et singulièrement depuis mai dernier – se mue carrément en  un gigantesque ventre dans lequel s’agitent en tous sens les crieurs essoufflés des braderies commerciales.

Je veux plutôt évoquer des livres de vente courante dont l’aspect, de plus en plus, a été modifié par une nécessaire adaptation. Le livre, notre cher livre, n’est jamais mort des cent mille trépas qu’on a annoncés pour lui. Il n’est pas passé à cause de la fièvre cinématographique, il n’est pas décédé du virus télévisuel, il ne l’a pas glissée comme suite à l’épidémie iconographique qui, désormais, étend sur nos sociétés son « chimérique empire », comme disait La Fontaine.

Depuis l’apparition d’internet, le livre, une fois encore, s’est adapté. Il se présente de plus en plus comme un objet ludique et l’édition française (il en va sans doute de même ailleurs) est parvenue à lui conférer l’aspect d’un écran proposant des fenêtres et des liens. J’ai observé récemment un album consacré à un comédien. Peu importe lequel, peu importe également que l’on considère ou non cet objet comme un livre digne de notre attention et de notre intérêt. Il n’en reste pas moins qu’il est présenté comme un site internet – ou, tout au moins, qu’il suggère un site et sa visite selon le mode exploratoire qui nous est devenu familier. Fenêtres qui s’ouvrent dans les pages, livrets qui se glissent dans des fentes ménagées dans les feuillets (ce qui fait irrésistiblement penser à des liens), illustrations abondantes, colonnes de texte considérées non pour leur contenu à proprement parler, mais comme des objets, des items comme on en croise sur nos écrans, quadrichromie généralisée… Il ne manque que le son – mais le multimédia a déjà imaginé la fréquente insertion de CD dans les livres, donc, nous y sommes déjà. Ce qui m’importe ici, c’est que cet objet – du reste plaisant, il faut le dire, est bien présenté comme un livre et proposé comme tel.

Un autre ouvrage renfermant une étude consacrée à un ancien surréaliste devenu auteur de romans populaires, vint de paraître. Il ne s’agit pas ici d’un objet, mais bien d’une étude. Cependant, l’iconographie est si abondante, la titraille si accrocheuse, la marche si publicitaire, qu’on ne peut s’empêcher de rester coi devant ce volume, par ailleurs fort bien fait. Bien sûr, la quadrichromie, ici aussi, est obligatoire, avec son corollaire : le papier glacé qui, couplé aux progrès de la technique numérique, permet les meilleures reproductions, le meilleur rendu des couleurs. Inconvénient immédiat : le poids. On a remarqué, je pense, que les livres sont de plus en plus lourds et cela n’est pas dû qu’à mon âge avançant et à mes forces déclinantes, mais bien, purement et simplement, à l’abus du papier de très fort grammage, augmenté d’un autre, celui du corps de caractère de plus en plus important, comme si lire était devenu si difficile qu’il fallait en passer par là. Dernier corollaire : le coût puisque, bien entendu, la couleur et le papier grèvent considérablement le prix de revient et, donc, celui de vente.

Je ne porte pas ici de jugement et ne veux pas me poser en ancien combattant de la chose imprimée. J’observe uniquement, d’un œil intéressé, les mutations du livre. Et je me dis qu’après tout, il ne s’agit peut-être que d’explorer jusqu’au bout des idées anciennes. Le livre animé, en effet, existe depuis très longtemps (les images découpées surgissant en relief lorsqu’on tourne la page, les livrets encartés dans les feuillets). Et le livre ludique aux titres accrocheurs également (les almanachs). Alors, il n’y a peut-être rien de fondamentalement nouveau sous le soleil éditorial.

16:10 Publié dans Édition | Lien permanent | Commentaires (6)

vendredi, 16 novembre 2007

À la prochaine fois

Le taulier et la taulière s’absentent pour quelques jours. Ils s’en vont voir si le Lot, en novembre, s’est paré de rousseurs.

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07:00 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 12 novembre 2007

Pétition en ligne

Si vous voulez vous amuser, vous pouvez signer la pétition en ligne demandant la démission immédiate de Sarkozy. Je lai intitulée Nous demandons la démission immédiate du président de la République et jai indiqué comme auteur : Les citoyens français honteux de leur représentation sur la scène mondiale. Je nai retenu comme griefs que quelques uns des innombrables ridicules de ce paltoquet. Jai signé le premier et précise que si mon prénom, seul, apparaît, cest parce que le système est fait ainsi : jai bien donné mon nom entier.

Faites circuler linformation, qu’on puisse rire un peu, merci.

14:29 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (36)

jeudi, 08 novembre 2007

Manifeste des... combien ?

À quelques mois du quarantième anniversaire de mai 1968 (figurez-vous que l’édition y a déjà songé, tiens ! Des livres ont été mis en vente depuis quelques semaines) et tandis que mon pourtant cher Guillaume a transformé son blog en annexe du Figaro avec quelques billets désolants (, , ,  et ) suivis d’une cascade de commentaires tellement débiles que j’ai peine à croire qu’ils émanent de jeunes (déjà si vieux, ça me paraît incroyable), le nombre de sujets de mécontentement est tel, dans tous les domaines, que je me prends à rêver… Si on lançait une pétition pour demander la démission pure et simple de Sarkozy ? Croyez-vous que ça marcherait ? Pas une petite pétition, pas la pétition du pauvre, non : des dizaines de millions de signatures, formidable ! Une pétition internationale, bien entendu : après tout, il enquiquine tous les pays. Ce qui est bien, c’est que, s’il faut être majeur pour voter, point n’est besoin de l’être pour signer une pétition. Chiche ?

(Guillaume, pardonne-moi ce que tu prendras pour une attaque personnelle mais franchement, ce que je lis chez toi me désole).

14:20 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (25)

mardi, 06 novembre 2007

Antiageing

Connaissez-vous l’antiageing ? Ce n’est pas une nouvelle école littéraire ni une façon d’accommoder le homard, mais l’appellation commerciale d’un produit en vente en pharmacie, produit destiné à lutter contre les marques que le temps imprime à notre visage. 

Je passe sur le fait qu’il s’agit bien évidemment d’un attrape-crétin. Ce qui m’intéresse – c’est beaucoup dire – c’est ce qui est inscrit sur le tube, dont la photographie figure sur un panneau publicitaire exposé dans la vitrine d’une officine ; ces panneaux publicitaires qu’on nomme aujourd’hui PLV, soit « publicité sur les lieux de vente ».

Antiageing. À qui s’adresse cet anglais de bazar ? Certainement pas aux anglophones. Cela s’adresse aux Français qui ne savent plus lire leur langue et demandent qu’à tout le moins, le français soit suivi d’une inscription anglaise. Le tube contenant le produit miracle en question porte donc les mentions : « Soin anti-âge », « Antiageing ». Et voilà. La forme grammaticale qu’au lycée, on nous apprenait comme s’intitulant « forme en -ing » appliquée à toutes les sauces, ou plutôt à toutes les crèmes. C’est un peu comme si l’on usait de la forme progressive en disant : « Anti-âgeant ». C’est enrâgeant, pardon : enrageing.

07:00 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (18)

lundi, 05 novembre 2007

Un livre de Simone Veil

Je suis en train de lire Une vie, les souvenirs de Simone Veil parus tout récemment chez Stock. J’ai toujours eu de l’estime pour elle, bien qu’elle soit à l’opposé de mes opinions. Sans doute à cause de la loi qui porte son nom, qui était plus que nécessaire et qu’elle imposa autrefois avec courage, contre la majorité de l’opinion et celle de ses collègues dans une assemblée à dominante masculine.

Cependant, je suis très étonné par le ton général de ce volume, non pour ce qu’il contient mais par la manière dont il est construit, agencé. Simone Veil accumule les souvenirs d’une manière plus ou moins ordonnée mais on a le sentiment qu’elle les pose là, comme des objets, certes rangés mais non reliés entre eux ou presque. Elle pose là, sur la table, des faits. Mais il ne faut pas chercher la moindre mise en perspective, le plus petit prolongement, un brin de réflexion historique. Je ne connais pas plus anti-scientifique que ces mémoires. Assurément, la biographie de Simone Veil reste à écrire et c’est un tiers qui s’en chargera.

Je trouve que c’est là une caractéristique des gens de droite : l’absence de vision historique des choses. Pas de reflet : les faits sont indépendants, les événements sont des évidences, rien n’est relié à rien, rien ne découle de rien. Au besoin, quelques affirmations toutes simples étaieront l’ensemble branlant. Surtout pas de dialectique, ça sent trop son matérialisme, son marxisme, même. Les faits sont des potiches sur un buffet, des bibelots posés les uns à côté des autres.

Qui plus est, Simone Veil n’a aucune idée du rendu de la durée dans un ouvrage. Elle ne maîtrise pas le temps du récit ; elle se risque à des échappées thématiques dans le cours de la chronologie – c’est l’exercice le plus périlleux qui soit ; elle laisse subsister de grands « blancs », conséquence de l’attitude dite plus haut : les événements ne sont pas dépendants les uns des autres. Évidemment, dans ces conditions, tout est sur le même plan, le souvenir important et l’anecdote (on sait, je pense, combien j’exècre l’anecdote). Les contradictions, au moins apparentes, et qu’un doigt de réflexion et de précision eût pu nous aider à considérer comme des complémentarités, ne sont pas résolues, elles sont ignorées. Toujours cette optique faussée : les faits, les agissements, sont des objets sans mécanisme les liant. C’est l’erreur grossière de la droite : il n’y a pas d’histoire, seulement des agissements individuels, lesquels ne sont pas conditionnés socio-culturellement, et à peine par le contexte et l’immédiateté. Quelle erreur.

Je suis également un peu déçu par la langue. À la moitié du volume, j’ai relevé des tics de langage, deux pléonasmes, une anacoluthe et force clichés. C’est encore la preuve évidente que les livres ne sont plus relus ni par des correcteurs – on a dit ici de nombreuses fois que ce poste avait été éliminé du budget des maisons d’édition – ni par des directeurs littéraires compétents – il en est encore, heureusement. Ou bien a-t-on considéré que, par principe, la prose de Mme Veil n’avait pas à être reprise ? Certes, le résultat n’est pas repoussant mais de petites corrections eussent ajouté du charme à un style qui est seulement correct et, par endroits, très plat.

10:40 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2)

vendredi, 02 novembre 2007

Panurgisme éditorial

Le dixième anniversaire de la mort de Barbara a donné lieu à la parution de neuf ouvrages (dont deux rééditions) et d’un numéro spécial de magazine, assortie de la  remise en vente de deux livres plus anciens. Ce n’est sans doute pas terminé. Je me demande ce que cela signifie pour le gent éditoriale, qui n’espère tout de même pas – du moins, je l’espère pour sa santé mentale –  que les lecteurs intéressés ont un budget extensible. Hormis les collectionneurs maniaques qui ne sont pas la majorité du public, loin de là, personne n’achètera tous ces livres qui, je les ai feuilletés, n’apportent rigoureusement rien de neuf, voire contiennent quelques erreurs. Certes, pour l’un d’entre eux, l’auteur a déniché l’obscur témoignage inédit de telle ou telle personne qui s’était toujours tue, sans doute parce qu’elle n’avait rien à dire. Quelle stupidité, quelle aberration, quel gaspillage !

Les libraires, naturellement, feront très prochainement retour à leurs éditeurs respectifs de tous ces volumes promis à la mévente. Dans quelques semaines, une partie d’entre eux se retrouvera à l’étal des soldeurs, l’autre au pilon. Je ne comprends pas. Sur quoi les éditeurs comptent-ils ? Sur l’effet d’entraînement qu’on nomme aujourd’hui « synergie » ? C’est impossible. Cela a d’autant moins de sens que ces ouvrages répètent à l’infini ce que d’autres, avant eux, avaient dit cent fois déjà. Il est vrai qu’en 2003, le dixième anniversaire de la disparition de Léo Ferré avait donné lieu à vingt-trois parutions. L’an prochain, ce sera le quinzième et je redoute déjà l’inflation. Curieux temps que celui où l’on célèbre l’anniversaire d’un décès, célébration se limitant bien sûr à une recherche de profit. Le plus étonnant est que le profit en question n’est pas assuré.

À part cela, 2007 est aussi l’anniversaire de la mort de Prévert, de la Callas, de Lino Ventura et j’en oublie certainement. Je n’ai pas fait le compte des publications les concernant mais j’ai repéré, ici et là, des livres de circonstance. Le centenaire de Roger Vailland, lui, n’a pas occasionné autant de publicité, mais c’est à l’avance que celui de Simone de Beauvoir (2008) est prétexte à de nombreuses sorties de livres : trois au moins entre septembre et octobre, un autre étant annoncé pour janvier. Et je ne sais sûrement pas tout.

 Dernière minute : j’apprends par internet que cinq autres livres doivent encore être consacrés à Barbara. Cela portera le total à quatorze.

14:05 Publié dans Édition | Lien permanent | Commentaires (6)