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mardi, 17 janvier 2006

Paranoblogueuse, par Martine Layani-Le Coz

Les derniers discours des individus qui dirigent notre pays laissent voir des dents de loup à travers leur soi-disant volonté protectrice. Comme, en face, la fin de la récréation n’a pas encore sonné, on peut se demander dans quelle échoppe, en 2007, va se vendre notre fonds.

Par ailleurs, il semble que les ondes radiophoniques et même la télévision donnent un coup de loupe sur les blogs. Les institutions qui s’intéressent au « bon fonctionnement de l’État » et ont été stupéfaites des résultats négatifs de la question européenne, vont faire en sorte qu’on ne les y prennent plus… Je ne serais pas étonnée si, dans les temps qui précèderont le vote, les communications sur internet avaient quelques problèmes, disons… techniques. Mais je suis peut-être un peu paranoïaque.

Je pense vraiment qu’il faut ne pas attendre qu’on nous prenne cette fameuse liberté de réunir, rassembler, discuter – fonctions démocratiques – et chercher dès à présent à faire surgir, si ce n’est un homme, une idée en quoi avoir confiance pour le jour de 2007 où il faudra changer la tête du mannequin présidentiel.

20:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (11)

Commentaires

On dit que le fait d'aller sur le site de la rue Franklin déclencherait les foudres du pouvoir.

En outre, certains éditeurs s'y seraient fait agresser le soir.

Voici un communiqué qui est tombé entre mes mains et qui était adressé à Monsieur de Villepin, poète (et par ailleurs premier ministre) :

« La police pense sérieusement faire fermer un établissement du nom de Campo, où se réunissent en plein jour et à la vue de tous des personnes peu recommandables, qui se réjouissent ouvertement de la victoire de la gauche au Chili. En plus, elle tentent de saper l’autorité morale de nos institutions en critiquant les grands hommes qui en font le renom, comme Monsieur Antoine Gallimard et ses ancêtres. D’autres agitateurs prônent un retour à la campagne et influencent la population dans une voie qu’on ne pourrait tolérer plus longtemps.

Bref, ces gens sont dangereux. Si on les laisse faire, tout le monde habitera la campagne, votera à gauche et écrira des livres.

Heureusement que la censure, qui a été récemment restaurée, ne leur permettra pas de se faire éditer. Il n’aurait plus manquer que cela. On peut d’ailleurs compter sur l’aide de quelques éditeurs dociles pour signaler à la police tout manuscrit tendancieux et idéologiquement contestable qui leur serait soumis. »

Écrit par : Feuilly | mercredi, 18 janvier 2006

Je ne discerne aucune paranoïa sous votre propos. La Chine a parfaitement réussi à mettre la Toile sous haute surveillance et procède, précisément, par « incidents techniques » (on tape l'adresse électronique d'un site, on tombe sur un autre site, ou sur un petit écran d'avertissement comme quoi le site demandé contient des informations dangereuses, ou mensongères. J'ai lu au moins deux articles du "Monde", assez récemment, sur les pratiques du Big Brother chinois.
Et le plus inquiétant, à mes yeux, est que "notre" blogosphère fait ombrage au premier pouvoir en place désormais dans nos sociétés, qui n'est plus le politique mais les médias… C'est sous la pression – ou, à tout le moins, avec la totale bienveillance – de la presse qu'un tel travail de verrouillage sera engagé.

Écrit par : Dominique Autié | mercredi, 18 janvier 2006

Feuilly : excellent ; je ris.

Dominique Autié : c'est en effet notre crainte. Martine, quant à elle, est persuadée de tout cela. Moi, parano de service, je vois les RG partout. Pourtant, quand je tente d'y penser plus sereinement, je me dis que, certes, l'outil merveilleux est par nature dangereux pour tout pouvoir quelqu'il soit (libre expression, aucun contrôle, diffusion instantanée et mondiale) mais que, concrètement, l'usage qui en est fait est tellement mince, la plupart du temps, que, peut-être, les colosses qui nous entourent n'ont rien à craindre et peuvent ricaner. Je ne sais pas.

Il a été dit très sérieusement qu'internet avait joué un rôle nouveau et considérable dans les résultats du référendum. La quasi totalité des grands journaux, de la radio et de la télévision militaient pour le oui. Comment la tendance s'est-elle inversée sinon par l'information voyageuse directe parmi la population ? Là encore, je ne sais pas. Peut-être gonfle-t-on outre mesure ce pouvoir que nous sommes supposés avoir ?

Écrit par : Jacques Layani | mercredi, 18 janvier 2006

Jacques : d'une part, comme tu le dis, ce pouvoir est limité. On ne touche tout de même qu'un nombre restreint de personnes.

Pour le référendum, on pourrait se demander pourquoi toutes les chaînes et tous les journaux étaient systématiquement pour le oui.

S'ils sont achetés par le pouvoir (peut-être pas le pouvoir politique, mais le pouvoir financier, celui qui détient les actions de leur groupe), alors on comprend pourquoi ils se présentent comme des professionnels, qui ont réfléchi à ce qu'ils peuvent dire et ne pas dire et pourquoi ils critiquent les blogues sous prétexte que ce serait un travail d’amateur (ce qui est vrai) et en cela dangereux .

A partir du moment où le président de TF1 avoue que le but de sa chaîne est de diffuser de la publicité, on peut supposer que tout ce qui permettra d’accroître la diffusion des produits de consommation fait aussi partie de ses objectifs. Or le oui à l’Europe était un oui à une Europe ultra-libérale de libre-échange. C’est à cela en fait que les Français ont dit non.

Dominique Autié : il faut savoir qu’aux Etats-Unis aussi il existe des services de surveillance. Cela fonctionne par mots clefs. Il suffit de consulter des sites contenant des termes comme « musulman », « intégrisme », « attentat » et aussitôt vous vous retrouvez sur un listing avec quelques centaines de personnes à surveiller. Donc, même s’il y a des milliards d’échange par jour dans le monde, il y a toujours moyen, par recoupements, de repérer les personnes qui répondraient à certains critères définis au préalable. Le problème est évident de savoir qui détermine ces critères et en fonction de quoi. A quelle hauteur met-on la barre ?

Écrit par : Feuilly | mercredi, 18 janvier 2006

Allons, Pinochet n'est plus au pouvoir et c'est la fille d'un homme qui était resté fidèle à Allende qui reprend sa place. Tout va bien
Mais quelle sera sa marge de manœuvre dans un monde économique mondialisé? Aucune. On a vu au Brésil que les espérances s'évanouissent. Donc, finalement, tout va mal.

Quant à l'Europe, Merkel me semble fort proche de Busch, cela ne me dit rien qui vaille. La Pologne est à droite et alliée des USA et il n'y a pas plus à droite que la gauche britannique.

Et en France? Un duel se dessine déjà entre la noblesse villepinienne d'ancien régime et un Sarkosy pur et dur issu de je ne sais quelle banlieue.

Écrit par : Feuilly | mercredi, 18 janvier 2006

Le problème de nos jours, mon bon monsieur, c'est que les femmes n'ont pas plus de recul par rapport au pouvoir. Fini les souris qui parlent à l'oreille de ceux qui tiennent les clés, fini les paroles douceâtres pour faire passer un désir par la voix de l'homme. Maintenant, le peu de femmes qui ont réussi à "surnager" dans l'océan des décideurs, ont les mêmes dents de requins qu'eux.

La question du sexe n'entre plus en question qu'entre eux. Les femmes auront encore à se battre *contre* des hommes, mais d'ores et déjà, c'est avant tout pour maintenir, comme eux, un statut chèrement acquis.

Ceux qui n'en sont pas, cela n'a aucune importance. Carrière, carrière...

Écrit par : Martine Layani | mercredi, 18 janvier 2006

De fait, les femmes qui arrivent au pouvoir sont parfois encore plus dures que les hommes.
J'aurais tendance à le leur reprocher.
Mais, finalement, il se pourrait que le système n'ait laissé filtrer que celles qui répondaient à ses critères de valeur et qu'il ait éliminé toutes les autres, celles que nous eussions voulu voir arriver au sommet (bel emploi du subjonctif imparfait cher à Jacques)

Merci aussi pour le "mon bon monsieur"

Écrit par : Feuilly | mercredi, 18 janvier 2006

Oui, finalement, on a beau savoir que tout pouvoir corrompt, il faut bien faire tourner la machine. Alors, qui recruter pour quel mandat, hum ? Ce qui manque ce sont des idées (non pas une idéologie), généreuses si possible, à défaut d'un idéal.

Écrit par : Martine Layani | mercredi, 18 janvier 2006

Sur le jésuitisme de la presse et sa collusion avec le politique (échange de bons services), vous avez en ce moment même la dramatique oppotunité d'en suivre un bel exemple en temps réel :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1- href="mailto:0@2">0@2-3212,36-732002@51-732100,0.html

Jane Root, la femme des chimpanzés, est morte assassinée dans des conditions qui semblent, à première lecture, calquées sur celles de l'assasinat de Dian Fossey en 1985.
Voyez ce vieux portrait en noir et blanc, alors qu'il existe des tonnes de photos de Jane Root avec ses grands singes, voyez l'absence de toute référence dans le titre à son combat pour la protection des chimpanzés, voyez l'ahurissante absence de toute mention de Dian Fossey dans l'article…
La clé de cet article insensé ? dans une dépêche de Reuter trouvée dans la foulée sur Google : la police keyniane s'interroge sur les mobiles du crime, assassinat ou cambrilage qui a mal tourné (sic). Jane Root est morte de trois balles de fusil d'assaut dans la tête, tirées à bout portant, dans son lit, la nuit, aucune trace de vol n'a été relevée, dit une autre source.
Faire le rapprochement avec Dian Fossey, serait-ce encourir un incident diplomatique ? Nous vendons des armes au gouvernement keynian, je suppose. La réponse est ailleurs, certainement, sur la Toile.
Tout ce puzzle est reconstituable sur Internet, en moins d'une heure, certainement. Je n'ai pas le temps. C'est en travaillant pour le Muséum d'histoire naturelle de Toulouse, faisant une recherche sur Google, que je tombe sur l'information.
CQFD, Chère Martine. Même sans les blogs, Internet est une source "dangereuse" d'information. Et même réduits au rôle pathétique que voilà, le journaliste de service est plus fort que vous et moi. Mieux, il faudra qu'il se venge d'avoir dû rédiger ainsi son article sur Jane Root. Il faudrait avoir le temps, hic et nunc, sans délai, en lâchant tout, pour mettre en ligne sur nos blogs le bon article, avec les bonnes photos et quelques notes en bas de page sur le trafic des braconniers en Afrique et ailleurs.
Et, vous avez encore une fois raison, encourir, à terme, les représailles.
(Désolé, écrit à la diable, dans l'urgence, la colère, la tristesse, l'horreur).

Écrit par : Dominique Autié | mercredi, 18 janvier 2006

Et je suis pris d'un doute curieux : revenant à l'article en question (pour en faire une capture en pdf, que j'aurais été bien inspiré de réaliser tout de suite), je vois qu'une phrase figure à la fin du troisième paragraphe sur Dian (avec un "e", il n'en faut pas) Fossey.
1. Je suis certain qu'elle n'y étais pas il y a une heure (car je me suis précipité tout de suite sur Google, justement, pour vérifier l'année de la mort de Dian Fossey, et si cette phrase avait figuré, il est évident que je ne serais pas allé y voir, tombant par la même occasion sur le portrait que Libé consacrait pas plus tard que lundi à la troisième "femme aux grands singes", Jane Goodall) ;
2. Les informations de mise en ligne n'ont pourtant pas changé :
LE MONDE | 18.01.06 | 13h51 • Mis à jour le 18.01.06 | 13h51
Parano, Autié ?
Eh !
C'est quand même bien ce genre de doute qui finit par vous faire des trous dans la tête, non ?
Ce qui n'enlève rien au décryptage de première lecture auquel je me suis livré : grand titre + photo (actels) = information totalement isolée de tout "background" en matière de lutte pour la protection de l'environnement. Or , on sait parfaitement que, sur papier comme à l'écran, ce sont ces deux signaux qui font qu'on lit ou non un article.
Tout est fait pour que cet article ne soit pas lu, pas mis en perspective.
(Si j'ai le temps, tard ce soir, je ferai une chronique, mais c'est peu probable : entre deux et trois heures de travail pour qu'elle tienne la route, texte et illustrations, vérification des sources, etc. Rien de moins sûr. Mais comme NOUS ne sommes pas sous le joug du scoop, nous… etc., etc. Vraiment, je vous le confirme, je crois que vous avez mis le doigt, ce matin, là où ça fait mal. Bien vu !)

Écrit par : Dominique Autié | mercredi, 18 janvier 2006

La "femme aux grands singes", comme si elle pouvait être considérée non comme une "mère", mais comme leur plus qu'amie... Les sous-entendus protègent d'un regard plus global sur l'Afrique, où vivent aussi des hommes, dont certains sont à aider, d'autres à combattre, comme partout.

Écrit par : Martine Layani | mercredi, 18 janvier 2006

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